Philosophie

Un étre-au-monde de l’ici et de l’ailleurs

La Cheminante déploie l’universalité de nos belles différences à travers une littérature plurielle, un regard particulier sur la culture et la randonnée, et sur la pêche sportive. L’unité des trois domaines réside dans l’appartenance de La Cheminante à un pays à forte valeur culturelle et naturelle, le Pays basque, qui donne la force et le désir de s’ouvrir au monde.

« Éclairer le quotidien et rêver l’ailleurs » constitue le crédo de Sylvie Darreau, présidente de Métaphore Diffusion, alias La Cheminante. Au sein de son entreprise, La Cheminante lui permet d’exprimer ses passions pour la douceur et l’authenticité d’un ici et la force d’un ailleurs issu ou situé dans une géographie au-delà les mers qui entourent l’hexagone français. Un ici et un ailleurs où des valeurs humaines profondes ont encore du sens.

La Cheminante : une profession de foi.
Écoutez l’interview de Sylvie Darreau

 

La Cheminante espère dans son projet véhiculer c(s)es idées et poser une petite pierre sur l’édifice des valeurs humaines, celles qui donnent voie et voix à un être-ensemble de nos belles singularités. Comme ces dernières n’ont pas de frontière, le parcours tissé entre les mots, les sons et les images propose au fil du temps de vous faire voyager dans le monde entier, de l’Afrique subsaharienne, à la Caraïbe, en passant par Harlem, en revenant à Ciboure, à Paris, à Lille, à Marseille, à Beyrouth, à Morges, à Genève, à Saint-Denis de La Réunion, à Casablanca, à Alger, à Saint-Malo, à Perpignan, à Douala, à Istanbul, à Njamena, à Lomé, à Dakar, à Talence, à Los Angeles et pourquoi pas aussi venir slamer sur la lune avec La Cheminante, « pour de vrai » comme dise les enfants, et cette fois du côté du slam, au cœur de sa nouvelle collection « Harlem Renaissance » ! L’essentiel étant de partager de grands textes, qui invitent à la découverte des autres et de soi.

Bienvenue à tous à La Cheminante !

En guise d’ouverture :

Pourquoi la lecture ?

Une profession de foi de Nada Moghaizel Nasr extraite de son recueil Images écrites :

Elle a répondu qu’on ne demande pas à quelqu’un de lire. Qu’on lit envers et contre tous. Qu’on se cache pour lire, on désobéit pour lire, on ment pour lire. On s’enferme dans les salles de bains, on s’enfonce dans les pupitres, on se cache sous les draps. On risque pour lire. Elle a dit que c’est dans cette insurrection qu’on lit, qu’elle ne leur demanderait jamais de le faire. La route était longue, et les enfants s’étonnaient d’avoir une maman si désobéissante.

Pourquoi les livres ?

Une déclaration d’amour de Denis Lévy-Soussan à ce sujet : Vivre : ivre de livres

Les livres sont des êtres de chair et de sang. Ils ne sont pas des « soldats de papier », selon la formule de Victor Klemperer, même si parfois ils veillent sur nous. Ils habitent nos maisons et nous hantent, souvent jusqu’au tréfonds de nous-mêmes. Ils sont nos amants et nos amantes, nos amis, nos proches. Comment peut-on vivre sans être entourés par eux, sans s’immerger en eux ?

Un livre, ce n’est pas un objet, c’est un être : bien plus qu’une couleur, une apparence, un livre c’est une grâce, un appel. Qui, en entrant dans une librairie, n’a jamais été saisi par un livre, comme on l’est par un regard que l’on croise dans la rue, sans rien savoir de lui, mais en sentant l’impérieuse nécessité de ne pas le laisser s’enfuir, la délicieuse envie de savoir ce qu’il recèle de mystère et de merveille, séduit par le grain de sa peau, par les bras qu’il tend vers nous, la délicatesse avec laquelle il nous regarde ?

Feuilleter un livre, ce n’est pas tourner des pages, c’est entrer en conversation avec l’inconnu dont on sait qu’il est entré dans notre vie pour, peut-être, ne plus jamais en sortir et nous entraîner là où, sans même le savoir, nous rêvions d’aller.

Alors, ouvrons leur nos maisons, invitons-les à notre table, partageons notre lit avec eux. Aimons-les comme on aime nos amours, nos enfants, nos amis. Qu’ils nous entourent, qu’ils vivent avec nous, que nous puissions, à tout instant du jour et de la nuit, les prendre, les caresser, les écouter nous murmurer leurs secrets, ceux que nous n’osons nous avouer à nous-mêmes. Les secrets de l’ivresse de la vie.

L’argent tabou !

Sujet important et souvent tabou : l’argent. On ne dit pas assez souvent qu’acheter une œuvre offre précisément une existence concrète à la création artistique et au lien humain. Les pays où l’on échange le moins d’argent ou tout du moins où l’argent n’est échangé qu’entre une toute petite quantité d’individus privilégiés se nomment des dictatures.

En revanche, si en démocratie l’argent est trop souvent considéré comme une fin en soi et non comme un moyen, dans le cas où on le considère effectivement comme il devrait toujours l’être, à savoir comme un moyen, acheter un bien culturel constitue alors un acte politique en direction d’une démocratie qui a en partage le développement de ses biens intellectuels et culturels comme sa plus noble garantie.

Petit clin d’œil de Jean Lenturlu tiré de Balthazar cannibale :

Acheter un livre est pour moi
une drogue douce,
une infusion de plaisirs,
une manie violette,
un couché de soleil sur la lune,
un coït d’odeurs mortes,
une émotion cardinale (la girouette des sens),
une jubilation confuse ( le dernier est toujours le plus précieux),
une petite honte passagère (faiblesse devant la tentation-objet),
une satisfaction bourgeoise d’être possédé par lui
et de lui appartenir toute ma vie.

Supplément d’âme : petit carnet de citations de La Cheminante

J’ai les yeux pleins d’images, les oreilles pleines de chansons, les mains pleines de rêves.
J’en ai fait un bouquet lumineux que je dresserai un jour au long du sentier. 

Bernard Dadié

Nous écrivons comme ça, nous tombons dans la lumière du monde.Édouard Glissant
Tout-monde

L’universel c’est le local moins les murs.
Miguel Torga

Nous n’avons pas un temps infini devant nous, ni sur le plan individuel, ni sur le plan collectif. L’universel ce n’est pas l’addition mécanique arithmétique de tous les particuliers, ce n’est pas non plus encore moins un particulier qui s’impose à tout le monde et qui veut qu’on dise que l’universel c’est nous. Je pense que l’universel c’est comme le sommet d’une pyramide, où se rencontrent tous les panneaux, tous les plans qui constituent la pyramide et qui montent vers ce sommet là où il y a ce qu’il y a de plus succulent, de plus prestigieux, de plus sublime, produit par toutes les cultures.
Joseph Ki-Zerbo

La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas.
Fernando Pessoa