1e COUV LA SOLITUDE DES ENFANTS SAGES Martine Duquesne La Cheminante SITE

Informations

  • Genre: : Roman
  • Supports: : Livre papier
  • Pages: : 256
  • Format: : 14x19 cm
  • ISBN: : 9782371270923

Présentation de l'ouvrage

LA SOLITUDE DES ENFANTS SAGES
PREMIER ROMAN
de MARTINE DUQUESNE

Finaliste du Prix Senghor du premier roman francophone et francophile
En lice pour le prix du Grand Roman Métis et du Prix des Lycéens de La Réunion.

 

Quatrième de couverture :

 

Un homme disparaît après une dispute conjugale.

 

La police lance des recherches. Dans l’angoisse de l’attente,
les souvenirs refont surface dans l’esprit de sa fille, Angélique.

 

Souvenirs de l’Algérie des années 1961 et 1962,
où la guerre sous toutes ses formes provoque un séisme familial.
Peur des attentats, mais aussi moment d’insouciance et de partage
avec la sœur de cœur d’Angélique, Djamila.

 

Le récit alterne deux temporalité, entre l’enquête sur la disparition
du père et le vécu algérien chaotique d’Angélique, apportant émotion et suspense.

 

Un roman à la fois tragique et poétique à hauteur d’enfant,
où l’amitié, l’amour des livres et l’imaginaire permettent d’échapper
à l’indicible. D’autant que le ton alerte et souvent plein d’humour
rend le récit d’Angélique terriblement attachant.

 

 PORTRAIT MARTINE DUQUESNE Auteure à La Cheminante 1
Martine Duquesne anime un groupe féru de littérature : « Sur la route des livres » 

 

Début du prologue de son roman :

 

« Comment les choses ont-elles commencé ? Difficile à dire. Ça pourrait être quand mes parents se sont mariés ou quand la guerre d’Algérie a éclaté ou quand je n’ai pas dit ou fait ce qu’on attendait de moi. À chaque fois, je remonte plus loin pour trouver l’origine de l’histoire mais il n’y en a pas vraiment. Si je fais un effort, je me revois dans ma vielle Saab sur la route de Lachassagne. Je vais voir mes parents comme on rend visite à de vieilles connaissances dont la vie vous a peu à peu éloigné. Le soleil à l’oblique m’aveugle, je pianote sur mon volant en fredonnant avec Julien Doré, Viens je m’envole / Le soleil s’éteint entre Viborg et Rome / Viens je m’envole / Nous prierons demain si le ciel nous pardonne.     

 

C’est un après-midi comme les autres. On entrevoit avec soulagement la fin de l’hiver. Je ne sais pas à cet instant qu’il est déjà trop tard. Comment le saurais-je ? Le cours des événements est enclenché comme une bombe à retardement. Je n’ai aucun pressentiment.

 

Le propre d’un drame est d’éclater un jour ordinaire.
Au-delà de cet après-midi, plus rien ne sera comme avant. Sur la route ensoleillée, la vie normale s’est  déjà arrêtée. »

 

D’autres extraits :

 

« J’adore avoir un père qui est plus fort que la presse. »

 

« Je sais qu’elle est la maîtresse de la haine. »

 

« Moi, je vois la guerre comme un ogre vorace qui n’en finit pas d’avoir faim. Cessez-le-feu ou pas, il lui faut de la chair fraîche, des femmes, des enfants, des vieux, des mariées, bientôt des arbres, des oiseaux et le soleil en prime. Il en veut toujours plus. Un glouton, qui avale la nourriture sans mâcher, ce qui provoque ballonnements et douleurs abdominales et empêche de grandir dis ma mère. Après l’ogre, grandir, c’est plus son problème… »

 

 

 

 

Author

« Il se trouve que l’Algérie, c’est la France, parce qu’il se trouve que les départements de l’Algérie sont des départements de la République française. Des Flandres jusqu’au Congo, s’il y a quelque différence dans l’application de nos lois, partout la loi s’impose et cette loi est la loi française. » Cet extrait du discours parlementaire de François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur, est sa réponse à la révolte sanglante du FLN (Front de libération nationale), le vendredi 12 novembre 1954. Date de naissance en Algérie, à Tlemcen, de Martine Duquesne. Fin du discours : « En trois jours tout a été mis en place. On a dit : Est-ce pour maintenir l’ordre ? Non pas seulement. Mais pour affirmer la force française et marquer notre volonté. Il ne s’agissait pas seulement de réprimer, de passer à la contre-offensive de caractère militaire afin de reconquérir un territoire qui n’était point perdu ! Il s’agissait d’affirmer, à l’intention des populations qui pouvaient s’inquiéter, qu’à tout moment, à chaque instant, elles seraient défendues. » Pour Martine Duquesne, digérer cette géographie à feu et à sang inscrite dans l’histoire familiale et pleine de contradictions incompréhensibles, a pu se faire grâce à la littérature et à l’écriture. L’impact de ce vécu sur ses parents et particulièrement sur le destin de son père a produit de grandes failles qu’elle a cherché, dès son plus jeune âge, à colmater, transférer, sublimer en dévorant des contes pour enfants. À commencer par l’effrayant Barbe Bleue, puis ceux d’Andersen et de Perrault. Le personnage d’Alice convoqué dans ce premier roman La solitude des enfants sages confirme toute l’importance de ces contes, où l’imaginaire permet d’échapper à la violence des adultes. Ses lectures de l’adolescence confirment cette fuite salvatrice dans les livres. La géographie martiale de sa naissance et de son enfance s’estompe avec Autant en emporte le vent et les classiques comme Alexandre Dumas, Le Comte de Monte Cristo, les romans de A.J. Cronin et de Pearl Buck, glanés dans la bibliothèque de son grand-père et plus tard William Faulkner, David Lodge et J. D. Salinger. Est-ce dans les livres que naissent aussi l’appétence d’une autre langue et le goût des voyages ? Ses lectures des auteurs anglo-saxons lui ouvrent son univers professionnel - elle va enseigner l’anglais - et révèlent une passion pour le Grand Ouest américain dont elle admire les paysages infinis et chargés d’une histoire douloureuse, celle des Indiens d’Amérique, tout en préférant la vie et la vibration citadine, par amour de l’art, de la culture et de la musique – rock, pop, blues et jazz. La détermination de la jeune héroïne de son roman laisse imaginer la sienne. Elle entre à la faculté d’Anglais, passe licence, maîtrise, CAPES et agrégation avec succès. Elle enseigne depuis 1976. Outre les livres, les voyages sont pour elle autant de villégiatures. Un ailleurs le plus éloigné possible des guerres d’antan (Algérie et famille). Une autre géographie lui sourit : Londres, New York, Chicago, San Francisco, l’Ouest américain, puis en Extrême-Orient, Hong Kong, la Thaïlande, le Vietnam, le Japon. Et pour élargir ses champs de liberté : le Canada, l’Espagne, Madagascar et l’Italie tracent une belle trajectoire océanique et méditerranéenne du nord au sud. C’est en ville qu’elle habite au quotidien. À Lyon. Face au fleuve. Autre symbole d’émancipation d’une anticonformiste, maman de cinq enfants, un garçon et quatre filles dont des jumelles, auxquels il aura fallu transmettre l’importance de la paix des peuples. Si possible sans amertume, arrimée à d’autres belles plumes aimées : Marguerite Duras, Michel Houellebecq, Simone de Beauvoir, Gustave Flaubert et… André Gide. Encore et pour toujours, son Algérie natale en toutes lettres, et avec ses mots sans parti, dans La solitude des enfants sages. Sylvie Darreau La Cheminante

4 Avis

  1. Nicole Grundlinger - at - - répondre

    C’est un roman très émouvant que signe Martine Duquesne, sur une époque dont je ne suis pas très coutumière dans mes lectures, une histoire récente que je connais assez mal, celle de l’Algérie des années 60 et plus particulièrement des français qui ont fini par être rapatriés pour échapper aux violences.
    Les événements sont relatés à hauteur d’enfant, par le regard d’Angélique qui, à la mort de son père se remémore ces années au cours desquelles, âgée de 7 ans, son monde a basculé. Et c’est la bonne idée de ce livre car le regard de la petite fille permet d’instiller une dose d’humour et de naïveté à un contexte dramatique. En jouant en quelque sorte le rôle d’un candide, elle permet au lecteur de vivre les événements comme s’il y était, de ressentir l’atmosphère de peur qui entourait les « colons » et les tensions de plus en plus fortes entre les partisans de l’indépendance et ceux de l’Algérie française.
    Les parents d’Angélique, enseignants reflètent parfaitement la position de nombre de leurs semblables persuadés d’apporter le bien, méprisants envers une population locale jugée ignorante et fainéante, incapables de se rendre compte des réalités. Un contraste fort avec les sensations de la petite fille et des enfants en général plus tentés de faire fi des barrières sociales ou raciales pour partager des jeux et plus curieux de l’autre aussi d’une certaine manière.
    Par des allers-retours entre passé et présent, l’auteur recrée les conditions du drame politique mais également du drame personnel, celui d’une famille compliquée avec notamment la personnalité nocive de la mère que le drame algérien et le rapatriement n’ont pas arrangé.
    J’ai beaucoup apprécié la précision de l’auteur et sa façon de tisser la trame contextuelle avec finesse, sans pour autant donner une leçon d’histoire mais en faisant la part belle aux sensations tout en permettant aux novices comme moi de rassembler(ou retrouver) les principaux éléments de cette période dont les conséquences se font encore sentir de nos jours.
    Et puis il y a cette relation avec Djamila, l’amitié entre deux enfants impactée par la folie des hommes et la violence ordinaire.
    Martine Duquesne mêle avec dextérité l’intime et l’histoire dans ce roman qui prend apparemment sa source dans des souvenirs personnels mais parvient à toucher à quelque chose d’universel. A commencer par le coeur.
    Critique issue du site Babelio – Note 4,5/5

  2. DD78 - at - - répondre

    J’ai beaucoup aimé « La solitude des enfants sages » de Martine Duquesne. On y suit en parallèle deux périodes de la vie de l’héroïne, Angélique : en 1961, lorsque petite française de 7 ans elle vit avec ses parents dans un village d’Algérie où ils sont instituteurs ; et en 2010, lorsque son père décide de se suicider. A l’insouciance d’une époque s’oppose la gravité de l’autre, même si au final on s’aperçoit petit à petit que l’enfance d’Angélique est loin d’avoir été idyllique. ..
    J’ai jusqu’à présent très peu abordé le thème de la guerre d’Algérie dans mes lectures, et la découvrir ici à travers les yeux de cette petite fille a été assez intense : la vie au quotidien avec cette guerre sourde, les menaces, la peur, tout ça avec des parents qui ne veulent rien vous dire pour ne pas vous inquiéter (et ce qui a bien évidemment l’effet inverse), c’est assez glaçant. Le passage sur la fuite et le rapatriement est également très fort. L’autre thème abordé dans ce premier roman est la figure de la mère, absolument monstrueuse : Angélique la déteste sans arriver à mettre ce mot sur ses sentiments, et nous décrit son enfance sans amour dans les cris et la colère. Dur dur à lire quand on est soit-même maman et qu’on essaye de faire de son mieux…
    Mais quand même, j’ai beaucoup aimé. En un grand merci à Babelio et aux éditions La Cheminante pour cette belle découverte.
    Critique de Babelio – Note : 4/5

  3. Lesvoyagesdely - at - - répondre

    Merci aux éditions « La Cheminante » et à la masse critique de Babelio pour la découverte de ce livre.
    J’ai beaucoup aimé ce livre, qui sort des sentiers battus, différent, les dernières pages prennent aux tripes.
    Dans leur résumé (celui de la 4ème de couverture), tout est dit et rien n’est dit en même temps, tout comme le titre, mais assez intrigant pour donner l’envie de se pencher dessus.
    J’ai adoré le style très entraînant, ça change, ça rappelle l’enfance, jeux de mots, comptines, contes, des passages en italique. Ou comment faire passer les choses plus facilement.
    Angélique est une enfant douce, sage, intelligente, qui aime les livres, s’évader dedans, ça l’a beaucoup aidé. Mais avec cette sacro sainte règle de vouloir protéger les enfants, on lui ment, seulement elle sent que ce qui se passe n’est pas normal et finalement ça ne la protège en rien, et l’inquiète encore plus.
    Le livre oscille entre 2 périodes : 1961/1962 où Angélique a 7 ans, et 2010 où son père disparaît. Que lui est-il arrivé ?
    Les années d’innocence d’Angélique lui ont été volé à cause de la guerre d’indépendance d’Algérie, et plus d’une fois on tremble pour elle. De la hauteur de ses yeux d’enfant et avec des mots qu’on lui sert qui sonnent faux, on voit les choses se désagréger autour d’elle, on tremble pour elle et sa famille. On voit aussi la merveilleuse amitié se former avec Djamila. Et elles se disent tout, ne se cachent rien, avec elle, elle comprend comment ils sont considérés, comme des roumis, que certains ne veulent plus d’eux, plus de la colonisation française. Elles peuvent partager leurs cultures et s’ouvrir à l’autre. Mais que peut-elle, elle enfant du haut de ses 7 ans ? Doit-elle subir de telles conséquences ? Et ses parents, ni pauvres, ni riches, qui transmettent le savoir.
    Sa famille aussi est compliquée, surtout sa mère surnommée la Commandante. On croit que c’est une famille parfaite, mais c’est un drôle de couple, qui se livre une drôle de guerre par moment. La mère a une personnalité particulière, nocive par moment, qui a marqué Angélique à jamais.
    Martine Duquesne livre là un très beau récit, qui touche en plein coeur.
    Critique issue du site de Babelio – Note : 4/5

  4. raggiodisole - at - - répondre

    Merci aux éditions  » La Cheminante » et à la masse critique de Babelio pour l’envoi de ce livre.
    Dans ce premier roman de Martine Duquesne , nous découvrons l’histoire d’Angélique et de sa famille à deux époques différentes.

    Lachassagne, 2010. « Il faut que ça s’arrête, ça ne peut plus continuer », ce sont les derniers mots que son père a prononcé avant de disparaître. Angélique est bien triste par ce déchirement familial, car depuis toujours elle a été témoin de la fragilité du couple de ses parents et maintenant elle se rend compte que le drame approche. Les souvenirs surgissent comme si elle était en train de les vivre, avec les mêmes émotions qu’à l’époque : Angélique a sept ans et c’est une fille intelligente et curieuse. Elle veut comprendre beaucoup de choses, mais on ne lui répond pas. Il faut dire que sa mère est une personne dure qui aime bien diriger tout le monde et le surnom « la Commandante » lui va à ravir. Angélique adore les livres et l’imaginaire lui permet d’échapper à la violence des adultes.(il y a la guerre de l’Algérie qui éclate et en même temps la guerre entre ses parents). Mais malgré tout, elle est un enfant optimiste et l’amitié avec Djamila est le plus grand trésor pour son âme d’enfant.

    Une très belle surprise ce roman de Martine DUQUESNE. Quelle écriture pleine de délicatesse! Un livre emouvant qui se lit très vite.
    C’est vrai que l’histoire est triste, mais le ton alerte et plein d’humour rend le récit attachant et passionnant.
    Critique issue du site de Babelio – Note : 4/5

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