Un beau roman de Romuald Olb Odjani.

Informations

  • Genre: : Roman
  • Supports: : Livre
  • Pages: : 176
  • Format: : 14x19 cm
  • ISBN: : 9782371270145

Présentation de l'ouvrage

Les Cancres, un roman de Romuald Olb Oudjani… À lire près du radiateur :-)

De quoi est-il question dans le roman de ce jeune auteur, Romuald Olb Oudjani, Les Cancres ?
D’une histoire, celle de Massil, adolescent sensible, d’origine modeste, lycéen au lycée Camille Jullian, un établissement huppé de Bordeaux.

Né d’un père breton et d’une mère kabyle, Massil doute de ses aptitudes et de son identité.
Dans ce roman plein de tendresse et de lucidité, entrent des personnages emblématiques de la jeunesse contemporaine, du brillant camarade au fumeur de cannabis, du cafetier confident et compréhensif à la belle Juliette qui enflamme les cœurs.

L’occasion pour Romuald Olb Oudjani, vice-président du tribunal de grande instance de Bordeaux lors de la parution de son roman Les Cancres, de renouer avec ses souvenirs, d’explorer toute la complexité adolescente et les risques encourus dans cette période vacillante de l’existence. Avec, à la clé, le merveilleux projet d’être heureux, malgré les tempêtes subies, les belles amours en berne, les conflits intergénérationnels, les pressions sociales en tout genre…
Car dans cette quête de jeunesse qui se cherche et se bat pour avoir elle aussi le droit au bonheur, les copains de classe, de quartier, de vie, représentent une aide salvatrice pour se projeter dans l’avenir et déplacer les montagnes, comme l’écrit si bien Jules Romains dans l’épigraphe choisie par Romuald Olb Oudjani : «Trois copains qui s’avancent sur une ligne n’ont besoin de personne, ni de la nature, ni des dieux».

Apéritif romanesque avant de lire Les Cancres… Voici comment tout commence.

«Le 2 mai 1987, Dalida fit la bêtise de mettre fin à ses jours dans le beau village de Montmartre. Le lendemain toute la journée, ma mère pleura la mort de la diva égyptienne. Le monde entier aussi.
Quatre mois plus tard, je franchissais, discrètement et sous un soleil pâle, la grande porte grise de mon nouveau lycée Camille Jullian situé rue de la croix blanche à Bordeaux, au 29.
A huit heures trente, je traversai le visage baissé, une grande allée bordée de platanes et de marronniers, puis un hall et des couloirs sombres avant d’arriver le coeur battant, devant la porte de ma nouvelle classe de seconde B ;
j’entrai sans frapper dans une salle de cours silencieuse et studieuse, tout de suite terrorisé par le regard interloqué d’une vingtaine d’élèves socialement situés à quelques années-lumière de ma modeste condition de fils d’aide comptable. Je venais d’atterrir à mon corps défendant sur la planète des gens aisés parce que ma mère qui ressemblait à Dalida avait décidé que le lycée Camille Jullian de Bordeaux devait, grâce aux aptitudes qu’elle pensait avoir détectées chez moi, m’accueillir et faire de moi un futur et bon citoyen de ce pays.»

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Romuald Olb Oudjani

Romuald Olb Oudjani, un nom qui pourrait être celui d’un personnage d’un roman d’aventure du XIXe siècle où résonne une sorte de noblesse. Un nom qui porte en lui la rencontre entre l’Orient et l’Occident, le Sud et le Nord. Une géographie qui précède la naissance de Romuald Olb Oudjani dans un tout petit village de Bretagne, Issé, en Loire-Atlantique, en 1972. Seulement dix ans séparent cette naissance de la rupture familiale maternelle, où le grand-père kabyle, supplétif de l’armée française, doit quitter l’Algérie pour échapper à la misère et sauver les sept enfants de sa famille. Un exil qui croise la générosité d’un juste, officier de l’armée française, qui propose au grand-père de venir le rejoindre en Bretagne. On imagine sans peine la difficulté de cet exil de toute la famille et la longue traversée de la France à destination d’un pays d’accueil de pluie et de froidure. La générosité de ce soldat français reste inscrite à jamais dans le cœur du grand-père, lui qui était si fier de servir l’armée française, et l’incite à imposer à sa famille, avec force et conviction, une laïcité sans faille, et particulièrement aux enfants, qui doivent impérativement réussir à l’école républicaine et avoir la langue française chevillée au corps et à l’esprit. La mère de Romuald rencontre son père à Redon en Ille-et-Vilaine. Il est pupille de la nation et lui aussi accueilli par une famille bretonne. Il a dix-sept ans et elle vingt-trois quand elle met au monde leur fils Romuald. La bataille est rude pour subvenir aux besoins de la petite famille et oblige le père à s’engager dans l’armée pendant que la maman continue à faire de la comptabilité et des vendanges en Loire-Atlantique pour finir les fins de mois. Le père muté à Bordeaux en 1973 offre un nouvel horizon géographique et un autre destin à Romuald, sans qu'aucun ne puisse l'imaginer encore. Cependant, il faudra toutes les années d’enfance et d’adolescence à Romuald Olb Oudjani pour s’extirper peu à peu du carcan socioculturel inscrit dans sa généalogie familiale, afin qu’il puisse en retenir le meilleur et réaliser le vœu républicain le plus cher du grand-père : réussir par les études. Faire échapper enfin les siens au cloisonnement d’un destin imposé par l’Histoire, avec une famille maternelle kabyle qui n’a pu vivre sereinement dans sa propre culture ni dans son propre pays, et où son père n'a pas pu connaître ses propres parents. Pour y arriver, Romuald se cherche dans les études, s’ennuie à l’école, décroche son baccalauréat maths-philo et s’inscrit à la fac de droit où il obtient une maîtrise en droit privé. Arrive le service militaire qu’il fait à Paris au service juridique du bureau de la restauration à l’État-major de l’armée de l’air pendant dix mois. L’achat d’un vélo est salvateur et inscrit en lui un vent de liberté bientôt propice à un grand départ. Son échec au concours de magistrature l’incite à un voyage en terre inconnue : l’Amérique latine, l’Équateur, Quito. Un nouveau continent, un nouveau pays, une nouvelle ville, où il peut enseigner le français langue étrangère (FLE) grâce à sa licence de philosophie, obtenue juste après ces quatre années de droit. Un an et demi pour conquérir un nouveau sentiment très précieux : être heureux La découverte de la vie des Indiens, la culture et la langue quechua, les paysages, les volcans, les villages amazoniens et les plages sublimes du Pacifique constituent pour lui un véritable Eldorado qui révèle sa propre identité. Son retour en France le confronte à l'épreuve d'une rupture amoureuse qui se solde par un coup de force réussi : il est reçu à l'examen du barreau et au concours de l'École nationale de la magistrature. Devenu magistrat, corps, esprit et cœur n'en réclament pas moins leur dû : le sport a rendu sa vie saine, l'écriture accompagne ses questionnements sur la vie et l'amitié est vitale pour lui. Ce jeune magistrat a du courage, de l'esprit et des désirs qui ne sont pas sans rappeler les préceptes de la philosophie grecque antique et notamment celui de l'amitié, essentielle à l'individu et à la cohésion sociale. Romuald Olb Oudjani, un nom qui est celui d'un écrivain à part entière, explorateur averti des rapports humains en quête de bonheur.

2 Avis

  1. milo - at - - répondre

    Lisez le ! Ce livre fera écho chez vous…
    En effet, je ne suis ni un homme, ni un cancre, ni d’origine métissée, ni bordelaise mais le chemin parcouru par Massil, porté par une écriture qui coule, m’a parlé : la recherche de soi dans un monde où les codes ne sont pas donnés à tous, être tout en dedans de soi alors que nous recherchons l’autre et les autres, ces sentiments mélangés et si présents, bien décrits dans le roman, les errements, les doutes et douleurs. Et puis cette conclusion douce et apaisée grâce à la transmission amicale est belle alors que dans le monde soufflent des vieux vents mauvais

  2. hélène - at - - répondre

    « Les Cancres » est le roman de la « maturité » pour Romuald Old, qui nous conte dans un style apaisé le parcours pourtant tourmenté de ses héros. Récit initiatique, il nous mène sans mièvrerie de l’adolescence à l’âge adulte en expliquant, avec finesse et humour, que si nous ne sommes pas tous nés sous la même étoile, chacun demeure maître de son existence. Faire de ses faiblesses physiques, sociales ou culturelles une force savamment canalysée pour mériter une réussite lucide … Parmi la tristesse des destins gâchés, Massil continue d’espérer et le bonheur s’incarne dans les yeux d’un enfant.

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