COUV METAMORPHOSE DE LA POESIE

Informations

  • Genre: : poésie
  • Supports: : papier
  • Pages: : 200
  • Format: : 14x21 cm
  • ISBN: : 978-2-917598-58-0

Métamorphoses de la poésie

Présentation de l'ouvrage

Métamorphoses de la poésie est un essai sur la poésie et de poésie, saisissant de clarté et d’inspiration inattendues pour un si jeune auteur. Guidant le lecteur dans une histoire de la poésie, Antoine Houlou-Garcia l’entraîne ensuite dans l’enchantement lyrique d’une fabrique poétique contemporaine, où il marie la composition poétique à des partitions de musiques. L’auteur y invite le passé et le présent d’une voix métissée, offrant un voyage poétique inoubliable dans l’espace et dans le temps.. Métamorphose de la poésie n’est pas un énième recueil de poésie mais véritablement une transformation du champ poétique contemporain avec à la clé la prise en compte de toute l’histoire de la poésie et l’invention à part entière d’un nouveau langage muri du passé, inspiré par la musique et délibérément novateur.

 

Qu’est-ce que la poésie ? Voilà la question qui ouvre les Métamorphoses de la Poésie, ouvrage aux deux visages d’Antoine Houlou-Garcia : recueil de poèmes précédé et essai sur la poésie à la fois.

En grec, comme l’explique l’auteur dans la première partie du livre, le terme poïesis désigne la fabrication, au sens presque industriel du terme. Cela signifie que la poésie est une création et que le poète en est l’artisan : il crée le monde. En effet, Aristote, auteur de la Poétique, considère que la Poésie, et non l’Histoire, décrit la vérité, car, au lieu d’énumérer des faits à la manière de l’historien, le poète décrit leur souffle et donne à voir leur sens. Le poète ne raconte pas le monde, il l’invente de même que l’artiste réinvente les paysages qu’il peint, les corps qu’il sculpte. Comme le dit Oscar Wilde : « Avant Turner il n’y avait pas de brouillard à Londres » !

Ainsi les poètes éveillent l’âme des peuples : qu’il s’agisse de la Divine Comédie de Dante qui unifie la langue italienne, de l’Épopée de Sundiata qui magnifie la société malinké ou encore de l’Iliade et l’Odyssée, tous ces poèmes sont des fondations. Homère, qu’il ait existé ou non, passait pour un aède, équivalent de nos troubadours médiévaux. Le mot aède dérive du grec aïdô qui signifie chanter, ce qui n’est pas un hasard puisque la poésie a toujours été accompagnée de la lyre, de même que le balafon lui donne son rythme au Sénégal. Senghordéclarait d’ailleurs : « Le poème n’est accompli que s’il se fait chant, parole et musique en même temps ».

Le lien entre poésie et musique est originel et le nier serait un contresens. Pourtant la versification classique française est tout sauf musicale : on y compte les syllabes, on y fait des rimes en fin de vers dont le manque de surprise est souvent désespérant de platitude… Aujourd’hui, il est temps de faire table rase du passé et de tout reconstruire. C’est ce que l’auteur propose : un système de versification novateur basé sur les notions de temps et de souffle et des rimes internes entrecroisées qui rythment le vers et créent une tonalité subtile visant à toucher l’inconscient auditif du lecteur et de l’auditeur.

Dans la deuxième partie du livre, l’auteur compose des poèmes basés sur cette versification musicale et résolument moderne. Antoine Houlou-Garcia nous fait alors voyager à travers différentes cultures rencontrées et chéries, enrichissant la musicalité de l’ouvrage de sonorités antiques et africaines, mais également contemporaines et urbaines. La musicalité, les langues, les continents et les époques exultent dans les Métamorphoses de la poésie, comme une invitation à un voyage atemporel pourtant infiniment nourri du long cheminement des aînés.

L’auteur se prend même à composer des poèmes à partir de partitions de Beethoven, Strauss ou Schoenberg. Voilà comment le son enfante le son : du son musical naît le son poétique…

Antoine Houlou

Né à Paris en 1987, Antoine Houlou est issu d’un métissage mêlant la France, l’Espagne, l’Algérie, la Turquie, l’Italie et le Sénégal. De formation scientifique (Maths Sup/Maths Spé au Lycée Saint-Louis à Paris, puis École Nationale de la Statistique et de l’Analyse économique à Rennes, école qui forme les cadres de l’Insee), il intègre le Ministère des Finances en tant que chargé d’études sur la recherche et l’innovation. Il maîtrise le latin, le grec, le sanskrit et le wolof et est avant tout un grand poète.

4 Avis

  1. Rafael Lucas - at - - répondre

    Comme l’indique le titre, Métamorphoses de la poésie, Antoine Houlou Garcia nous offre un parcours plein de changements et mutations, dans l’histoire de l’inspiration poétique. Outre les métamorphoses inspirées de Richard Strauss (lui-même influencé par Goethe), il remonte les allées du temps, pour partir d’un constat. Depuis bien longtemps, la matière poétique a connu une profonde transformation, pour englober aussi bien des thèmes idéalisés que les aspects les plus prosaïques du quotidien, y compris les fleurs du mal. Désormais n’importe quel aspect de la vie ou des choses pourra tomber dans le domaine de la poésie. « Tout ou presque peut être appelé poème » nous dit-il.

    La poésie sortie de son cadre habituel

    La poésie est donc « sortie de son cadre conceptuel habituel ». Depuis quand ? Il y a 150 ans, répond Antoine Houlou Garcia. 150 ans ? C’est-à-dire vers les années 1860, une décennie au cours de laquelle une révolution poétique irréversible est déjà en marche. Elle prendra forme en grande partie dans le mouvement symboliste. Ses artisans, ou plutôt ses visionnaires, s’appellent Baudelaire, Mallarmé, Jean Moréas, Verlaine, Lautréamont. Leur poésie témoigne d’une libération du psychisme, préfigurant déjà le Surréalisme. Elle fait la part belle au rêve, à l’exploration des sens, à visée cognitive, et à une perception suraiguë des choses. La poésie deviendra aussi une voie royale d’accès à la connaissance. C’est vers cette famille poétique que vont les affinités d’Antoine Houlou Garcia, dont la démarche s’accompagne d’une recherche d’ordre linguistique et scientifique : revisiter les origines du travail poétique par l’étymologie.

    La promenade étymologique

    Les Métamorphoses présentent un éclairage pédagogique des différents sens du mot poésie. Et Houlou Garcia nous invite à une vraie « promenade étymologique » suivie d’une stimulante balade sémantique. Comme dans l’approche symboliste, la poésie est «une construction révélatrice », une construction enrichie par la musicalité, qui est l’un des aspects producteurs de sens dans ce livre. C’est ce que montrent des titres comme « Harpèges et ouvertures », ainsi que le terme Echappées, qui évoque la fugue, une notion clef de la musique baroque. Mais comme le rappelle l’idée de « faire » ou « fabriquer », contenue dans le sens originel de poésie, l’art poétique comporte également un travail technique, à savoir, la versification, la métrique et la prosodie, qui cependant n’abolissent pas le hasard. D’ailleurs, « pourquoi écrire ?» se demande l’auteur. Et il répond « pour se rapprocher de soi-même » ou encore « pour dissoudre l’absurde du réel dans l’absurde du vrai. »

    La magie de la terre sérère du Sénégal

    Dans ce livre, on passe d’un développement théorique sur la poésie à une partie composée de poèmes, comme dans une métamorphose d’écriture. Cette écriture est habitée en partie par tout un pan du Sénégal, plus précisément par la terre sérère, la région d’origine de Léopold Senghor. Ce pays sérère hante l’esprit du poète comme une divinité vaudoue s’installe dans la tête d’un initié. De cette terre émane une odeur devenue métaphore obsédante : l’odeur des filaos, le parfum des filaos, la fragrance des filaos. La terre habite le poète et le poète est la terre : « Je suis Sine au gré du sel ». Et le monde sérère emplit l’espace poétique, avec ses divinités, dont Roog le dieu créateur, avec ses ancêtres tutélaires, les Pangols, ses femmes, son souffle maritime, l’évocation de l’île de Niodior, la pointe de Sangomar et l’odeur du thé de la convivialité sénégalaise. Parfois le ver a une allure senghorienne : « Que m’escortent dauphins et balafons ». Les traces de vie du paysage (le zébu, le « noble » varan, le margouillat, les filaos, les chenaux d’eau salée ou bolongs) ne sont pas cités pour faire couleur locale mais parce qu’ils sont intégrés à une perception poétique du monde environnant. Ainsi le zébu est mentionné parce que « sa voix trace l’émoi de la poussière ». Comme la madeleine de Proust, le bissap est une sensation qui s’imprègne dans l’émotion mémorielle : Je veux sentir un parfum de bissap / À l’amertume enracinée du souvenir. » Le pays sérère des deux fleuves Sine-Saloum est le lieu d’une expérience de voyage intérieur, à travers le rêve « au souffle chaud », la connaissance et les méandres du psychisme, un voyage initiatique de mille ans.

    Voyages intérieurs

    Cependant la perception poétique du Sénégal ne se limite pas à l’émerveillement face à la terre sérère. L’auteur écrit une longue élégie en souvenir de la terrible tragédie du naufrage, en septembre 2002, du bateau le Joola, le Titanic du pauvre. La disposition spatiale des premiers vers du requiem Palabre en mémoire du Joola fait visualiser le mouvement des vagues. Puis le texte continue en lourdes strophes de 7 vers (les septains venus du Moyen Age et repris dans Les Destinées de Vigny). En parallèle aux poèmes animés d’un puissant souffle vitaliste, de nombreux vers se trouvent du côté sombre hanté par la mort et la mélancolie romantique à coloration germanique (élégies, requiem, thrène). Parfois le parcours poétique en marche funèbre longe le territoire de la décomposition physique (détritus, vermine, corps désagrégé, larvaire), jusqu’à « se confondre à l’humus ». Mais la désintégration résulte aussi d’une vertigineuse quête faite de voyages intérieurs et de vagabondage cosmique, « au gré des sons » et au risque du « souffle qui disperse la voix. » Toutes les métamorphoses intérieures sont orchestrées sous forme de musiques variées qui prêtent aux poèmes leurs structures et leurs dimensions sonores. Ce mélange est très bien illustré dans le long poème de la Nuit transfigurée, ou Interprétation de l’œuvre d’Arnold Schönberg autour du raz-de-marée de Sangomar au Sénégal.

    Tresses, « harpège » et ouverture

    Les poèmes sont souvent la versification d’une musique issue de préférence d’une tradition à la fois narrative et formaliste germanique (Richard Strauss, Goethe, Schönberg). Le poème sera donc une mise en partition littéraire contenant ouverture, « harpèges », préludes, opus, adagios. Cette réinterprétation qui permet de transmuer la musique en poème, par un re-sentir, permet aussi de réunir dans la même tresse l’inspiration expérimentale du compositeur autrichien Schönberg et la pointe de Sangomar au Sénégal. La partition littéraire fonctionne avec un orchestre sans chef, car il s’agit d’une « poésie ouverte » faisant la part belle au modèle de la musique aléatoire qui inclut le hasard et à un esprit ouvert exploitant beaucoup de possibilités, ou esprit « polyphrène ».

    Art poétique
    Les Métamorphoses de la Poésie, d’Antoine Houlou Garcia présentent en permanence différentes facettes de l’inspiration poétique et de la dimension technique de la poésie. À la diversité des univers poétiques s’ajoute la grande variété de la versification et des langues utilisées (français, italien, allemand, citations en wolof du Sénégal, en grec et en latin). On pourrait certes objecter que le mélange de développements théoriques et de production poétique nuit à la cohérence de l’ensemble. Cependant l’originalité du livre est précisément fondée sur la cohérence de la métamorphose, l’exploitation du hasard et la liberté de choix. En outre, en usant de sa liberté de choix d’écrivain, l’auteur passe de la théorie à la pratique, ce qui est aussi une caractéristique de l’art poétique.

    Rafael Lucas

  2. Viviane Giroux - at - - répondre

    Samedi 15 mars, 11h, j’arrive à la médiathèque d’Oloron. Quart d’heure béarnais oblige, je traîne un peu, jusqu’à ce que la voix des hauts-parleurs m’annonce que « le printemps des poètes » va commencer.
    Le poète, c’est Antoine Houlou Garcia : il a fait une prépa scientifique et travaille à l’INSEE comme responsable éditorial. En cette fin de semaine, il est descendu de Paris pour nous présenter sa manière de voir la poésie.
    Il nous explique tout d’abord l’étymologie de « poésie », à savoir « poïein » qui signifie « fabriquer » : le poète fabrique le monde. Il nous dit ensuite que la poésie est associée à la musique : la fonction d’Homère dans la société grecque était d’être un « aède », un « chanteur ». Pour Antoine Houlou Garcia, la recette d’un poème, c’est du rythme, du son et du sens. (Vive le slam!) On apprend également que l’inspiration est, mis à part le chuchotement des muses, le fait d’inspirer de l’air : on inspire du O2, on rejette du CO2. En passant, on inspire un bout d’univers, on le garde un temps, on le fait sien, puis on le rejette.
    Après nous avoir cité Aristote, Oscar Wilde, Mallarmé… vient le moment tant attendu des lectures. Mais avant, il nous présente son instrument (souvenez-vous, la poésie va avec la musique) : c’est un duduk, à savoir un tube en bois percé de trous, comme une flûte, sur lequel il fixe une sorte de bec de hautbois. Antoine en tire quelques notes graves et profondes, et commence à lire son poème à un rythme rapide, ponctué de quelques gestes. Je me perds parmi les images du poème, les notes de musique et la voix du poète. Le poème s’achève, le public applaudit et espère en avoir un autre. Souhait exaucé. Le rythme est toujours rapide, mais cette fois le poème est plus long et ressemble à une histoire dramatique mais racontée avec humour. Nous enchaînons quatre poèmes, sans nous lasser.
    Vient l’heure des questions. On apprend qu’il aime le Béarn et que les poètes sont tous un peu dépressifs. Qu’il a l’impression d’avoir réussi à enfin acquérir son propre style et que la poésie s’impose désormais à lui. Qu’il pense qu’un livre édité, c’est comme un enfant : à un moment, il faut lui faire confiance car il voyage seul, et qu’on ne peut plus le contrôler. Qu’il écrit avant tout pour lui mais à destination des autres. Qu’il est fier d’avoir fait éditer son recueil (Métamorphoses de la poésie, la Cheminante plein champ), mais qu’il considère que c’est aussi une responsabilité, car cela l’oblige à faire mieux encore pour son prochain.
    Ça y est, le conférence est terminée, tout le monde se lève. Je suis le mouvement, la tête dans les nuages et un sourire accroché aux lèvres.

  3. Antoine Houlou Garcia - at - - répondre

    Un Salon, c’est un moment agréable et flatteur mais surtout un lieu d’échange et de partage.
    Quel satisfaction en effet, comme ce fut le cas au Salon des éditeurs indépendants à Paris, de discuter de poésie avec un étudiant qui travaille, dans le cadre de son master, sur le lien entre poésie et musique : les « Métamorphoses de la poésie » étaient bien sûr faites pour lui et j’espère qu’elles pourront l’aider dans ses recherches. Quel plaisir d’engager la conversation en italien avec une femme de passage en France à qui j’ai montré un poème en italien du recueil. Quelle rencontre enthousiasmante de faire lire à un Grec francophone les quelques vers de Sapho que je cite en conclusion de la partie « Essai » de mon livre. Quel délice, comme j’en eus la chance aux Escales hivernales de Lille, de discuter de la théorie poétique, en espagnol, avec une Chilienne férue de Neruda. Quelle joie de m’entretenir avec une étudiante en lettres classiques en qui résonnaient les termes de poïesis, aïdô, ôdê…
    La poésie, c’est cette universalité qui tisse ses liens par delà les frontières, par delà les époques. C’est ce que je ressens avec chacun des futurs lecteurs qui s’arrêtent devant mon livre : eux-mêmes grands lecteurs ou néophytes, parfois auteurs en devenir, ils se posent des questions sur la poésie et notre échange, loin de leur apporter des réponses, leur ouvre des portes en décloisonnant, en désengonçant si je puis dire la poésie trop souvent enfermée dans sa tour d’ivoire volontairement inaccessible. Car s’il est un but à ce livre, c’est bien celui d’ouvrir la poésie à de nouveaux horizons.

  4. LESCARRET - at - - répondre

    Moi aussi, j’ai lu « Métamorphoses de la poésie », livre que j’ai trouvé particulièrement intéressant et riche ! Parce que je suis littéraire classique et aussi un peu mélomane, Antoine Houlou-Garcia me transporte dans un monde familier et aimé : les auteurs qu’il cite sont mes amis et j’aime la façon dont il propose ses propres créations avec des méthodes si intéressantes. On ne peut qu’être enthousiaste (au sens grec du mot : sentir un dieu en soi) à la lecture d’un tel ouvrage. De plus, j’ai eu la chance de recevoir Antoine dans ma classe de seconde au lycée Jules Supervielle d’Oloron et de voir à quel point l’humanisme qui se dégageait du livre est aussi celui de l’homme. Il a su écouter les élèves qui, eux-mêmes ont été charmés (encore de l’étymologie : carmen en latin signifie autant le poème que l’incantation magique) par ce jeune homme au sourire agréable, aux connaissances extraordinaires. Ils ne l’oublieront pas de sitôt … cet homme qui leur a fait prendre conscience de l’importance du souffle… qui a fait aussi confiance à quelques élèves poètes… Vraiment, c’est une belle personne qu’Antoine Houlou-Garcia ! ou comme dirait de manière moins stylée et moins culturelle un de mes élèves : « il est cool »!

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