azaan-premiere-de-couverture

Informations

  • Genre: : Roman
  • Supports: : Livre
  • Pages: : 156
  • Format: : 11x15 cm
  • ISBN: : 9782371270862

Présentation de l'ouvrage

Ce roman ciselé dans la beauté des mots exprime l’attachement immuable à la terre natale et à la mer.
L’odyssée existentielle d’Azaan, condamné à l’exil, en fait un héros tragique en quête inouïe d’un réenchantement de sa vie.
Accompagné de personnages profonds et attachants, de Grenade à Dakar en passant par le désert de Tabernas, Almería et Isleta del Moro.
Une ode au multiculturalisme, qui déploie des liens familiaux et fraternels indéfectibles dans l’univers des marins pêcheurs.

À l’intérieur du roman, de la musique et une belle partition qui accompagne à merveille la fiction…

 

Ay linda amiga

 

« Azaan » est le second roman d’Anne-Marie Carthé, artiste plasticienne et poétesse, qui s’est lancée dans l’aventure romanesque avec « Mère, mon Algérie« , où elle réinvente la vie de sa mère en Algérie et se fait naître à la fin du récit…
Pour découvrir son univers et son Chemin de peinture, ligne d’écriture, cliquez sur le lien suivant : http://carthe.jimdo.com/

 

COUV MERE MON ALGERIE

Anne-Marie Carthé

Anne-Marie Carthé est née en Algérie à Sidi Bel-Abbès. Son grand-père maternel y était né en 1891. Sa grand-mère maternelle, née en Espagne à Elche, arrive en Algérie âgée d’à peine trois mois. Sur le versant paternel, son grand-père est né à Saramon dans le Gers, sa grand-mère à Saint-Nicolas-de-la-Grave dans le Tarn-et-Garonne. Et au final la filiation de trois générations est bien là avec son père né à Mostaganem et sa mère à Sidi Bel-Abbès. Une sorte de polarisation scelle le destin de cette famille à Sidi Bel-Abbès, même si d’autres villes et villages algériens, l’Espagne et le Sud-Ouest de la France y ont leur place. Un destin familial brisé en route et dont le souvenir vivra plus vrai que nature dans le cœur, l’âme et l’esprit de ses survivants. Avant la chute de l’histoire algérienne de cette famille comme tant d’autres, Anne-Marie Carthé a pu saisir la fulgurance de la beauté du monde, engranger la simplicité du présent et les idées altruistes de ses parents enseignants. Une géographie qui offre un chant polyphonique entre le valencien, le castillan, l’oranais et le français où s’arrime un multiculturalisme entre communautés musulmane, juive et chrétienne. Puis soudain, entre les fleurs, les bombes. Incompréhensibles. Basculement du plaisir du vivre-ensemble sur le versant sombre et nocturne de la vie : la guerre. Après de trop longs mois d’angoisse, ses parents demandent à Anne-Marie – huit ans – de choisir l’objet qu’elle souhaite emporter. Sa poupée est du voyage. Amie, sœur, confidente. Le survol de la Méditerranée aimée et trop tôt quittée est une larme inscrite dans le cœur, qui va mettre plus de cinquante ans à se libérer. Son père qui aimait peindre et dessiner, lui transmet sa passion. Inscrite à l’école ABC de dessin puis, adolescente, à l’école universelle de dessin, elle gagne des concours encourageants. Un baccalauréat arts plastiques à Bayonne la propulse vers l’École des beaux-arts de Toulouse où après cinq d’études elle obtient le Diplôme national des beaux-arts – option design et architecture d’intérieur. Son mémoire porte sur la création d’un objet industriel : une pince télescopique et ergonomique préhensile à système hydraulique, servant à ramasser ou tenir des objets allant jusqu’à un kilo. Cet objet à pour objectif de rendre plus autonome les personnes en fauteuil roulant. Création symbolique… Les bombes d’Algérie ayant emporté quelques bras, jambes et autres membres de corps innocents. Symbolique aussi le destin de cette pince : l’industriel qui fabrique son prototype en déposera le brevet sans se soucier de sa conceptrice. Anne-Marie Carthé doit trouver va voix et sa voie ailleurs. Elle poursuit son chemin en architecture, agencement intérieur, création de mobilier. Cette spécialisation non plus n’est pas anodine. (Re) création d’intérieur ?... (Re)création de mobilier ?... L’architecture, cette discipline qui permet de (re)construire le monde, son nid… Elle ouvre son propre bureau d’étude à Anglet, puis à Oloron-Sainte-Marie. Après Sidi Bel-Abbès, son second port d’attache le plus important s’écrit aussi en trois mots… En se posant enfin quelque part, se joue un retour au point de départ de sa vie en France : un retour au père. Le père enseignant et passionné par la peinture et le dessin. Protection et transmission, quand l’Algérie, maternelle, a trahi. Anne-Marie change de cap professionnel, obtient son Capes et devient enseignante puis conseillère pédagogique en arts plastiques dans l’éducation nationale. Ici une autre transmission est en jeu. Celle du père et de la mère. La laïcité chérie comme a été chéri le multiculturalisme de l’Algérie des classes moyennes. Celle des valeurs familiales et amicales partageables entre tous, même si parfois, et de plus en plus souvent, montaient des inégalités flagrantes. On se souvient du père enseignant d’Assia Djebar recevant des lots de chaussures d’hiver de la métropole destinés exclusivement à ses élèves d’origine française, et donc pas à sa fille, au demeurant seule fille de sa classe. Les Algériens – des enfants en l’occurrence – n’étaient donc pas Français dans cette Algérie française ?... Cette interrogation et cette conscience ont permis à Anne-Marie de ne pas sombrer dans le ressentiment. Riche du récit familial des liens amicaux indéfectibles tissés pendant soixante-quinze ans — trois générations, Anne-Marie a conservé et développé en elle ce chant polyphonique et multiculturel. Elle se marie, offre au monde deux garçons. Enseigne vingt ans. Toute une construction du bonheur pour faire face au risque de la mélancolie qui guette toujours l’exilée. Cependant, c’est incontestablement l’art qui sauve l’enfant et donne voie à l’adulte. Ce chemin, Anne-Marie Carthé l’emprunte aussi sur les pas de son père, poète. C’est par l’écriture que tout commence. Des petits carnets à secrets l’accompagnent depuis toujours. Seule la poésie est à hauteur du pire, viatique contre l’enfer, baume du quotidien, soleil des lendemains. Pour Anne-Marie, la poésie est une petite fabrique à images, que la peinture en parallèle fabrique en grand. Car ce petit bout de femme s’attelle dans son travail de plasticienne à de très grands formats aux thématiques souvent sombres pendant que sa poésie chante en écho la douceur qui habite son cœur. Sa mère qui habite son cœur ? Sa maman et sa terre natale. Au final, le plus important pour Anne-Marie, c’est la littérature, inspiratrice première et continue de toute sa création. Tout part de ce champ ouvroir d’imaginaires, de contrées insoupçonnées, de liberté et d’altérité. Passer du côté du roman, c’est donner corps – palpable – à l’autre.

4 Avis

  1. Jean-Louis Lesbordes - at - - répondre

    Je viens de lire « Azaan ». Chaque phrase de ce livre se déguste et il faut parfois les relire pour déguster les belles trouvailles qu’on ne peut pas découvrir à la sauvette. Tous les personnages ont une grande force. Ils sont tous poètes, même si leurs conditions de travail sont rudes et très physiques. Ce livre est très riche et on voit que tous les hommes se construisent par le manque. Parallèlement Azaan et Diego vivent douloureusement ce manque. Ils ne savent pas le dire mais on se rend compte qu’ils savent parfaitement l’écrire. Beaucoup d’expression sont très belles. J’aime beaucoup page 56 : « parviendra-t-il un jour à délivrer de sa gorge les mots qui l’entravent pour dire simplement à son fils qu’il l’aime ». Comme j’aime aussi page 112 : « Devoir partir décolore les rêves ». Je ne peux pas citer tout le livre ! La construction du roman est aussi surprenante et sa fin inattendue. C’est l’histoire de migrants certes, mais poètes, et pour avoir connu un ami sénégalais qui était un grand amoureux de poésie française, j’ai flotté au gré des vagues vers le Sénégal et Grenade. Merci de ce roman plein de chaleur humaine et de poésie.

  2. Julie Cuvillier-Courtot - at - - répondre

    Ce matin-là, j’achevais pour mon travail, la lecture de Jean Giono «Les âmes fortes». Ce matin-là, juste après, j’ai ouvert « Azaan ». Je quittai ainsi une prose faite de discours rapportés, de voix enchâssées pour retrouver la plume-pinceau descriptive et poétique d’Anne-Marie Carthé. J’avais lu « Mère mon Algérie » avec le cœur palpitant. J’ai lu « Azaan » le cœur pleurant. L’exil. Comme une fracture à l’intérieur de soi qui se crée au fur et à mesure des pages. Et j’en reviens toujours à ce démiurge qu’est Roland Barthes. La lecture subjective. Que se passe-t-il dans cet instant sans temporalité, confiné en dehors du réel lorsqu’un livre vous happe jusqu’à ne plus respirer parfois ? Dans « Azaan », la syntaxe est différente. Les phrases plus longues, vêtues de couleurs lunaires, poussent le lecteur à éprouver l’exil car elles relient les personnages d’un continent à un autre, comme pour montrer combien il est difficile de se diviser, de se couper des terres d’origines. Le fil ténu des mots qui se déroule lentement empêche ainsi, par la magie du littéraire, les distances géographiques. Et puis, en levant les yeux vers les ciels carthésiens, au-dessus de la mort, planent des phrases plus courtes avec des mots vivants comme des battements d’ailes. Ainsi dans « Azaan », les lueurs d’espoir se regardent dans l’infini du ciel qui n’a pas de frontières, là où la liberté se rêve comme « un oiseau aux ailes de nuées étirées, au corps de lune mauve » pour tous les exilés, pour toutes ces « âmes fortes » qui ont à survivre à l’endroit de leur entre-deux.

  3. Isabelle - at - - répondre

    J’ai lu votre livre dans les trois jours qui ont suivi son achat, il est aussi merveilleux que le premier, tout en délicatesse, poésie et pudeur. Il est sûr que l’on avait pas envie de quitter Azaan, le héros, comme cela.
    « Il ne faut pas regarder le passé, en moi, les images du bonheur sont intactes. Je les retiens comme un vin qui m’enivre… Je les garde dans un repli de ma mémoire pour parvenir à vivre encore. » Tellement vrai !!!
    Isabelle
    Merci beaucoup pour ces petits bonheurs que vous nous offrez, à quand le prochain ?

  4. Mohamed Senni - at - - répondre

    L’auteure a déserté les sentiers battus de l’écriture pour nous captiver entièrement avec son style qui, derrière une forme de condensé, nous mène en réalité vers des espaces plus larges. Le dosage strict des mots qui agrémente le texte ne traduit pas moins sa coutumière et non moins généreuse prédisposition à tout étaler à sa manière propre. Gibran Khalil Gibran soutenait qu’un bon livre ne doit pas excéder 60 pages. Ce roman corrobore d’une certaine manière cette assertion. Ce qui m’a le plus subjugué, c’est ce langage qui s’exprime pleinement et clairement par un silence total. Et la pierre de ce nouvel édifice reste cette belle langue qui, bien que trop désertée ailleurs, a toujours un bon avenir devant elle. L’auteure l’a brillamment prouvé. J’entame une deuxième lecture dans les prochains jours.

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