Couv La Femme cardinale

Informations

  • Genre: : Roman
  • Supports: : Papier
  • Pages: : 73
  • Format: : 11x15 cm
  • ISBN: : 9782371270251

Présentation de l'ouvrage

« LA FEMME CARDINALE » de JULIE CUVILLIER-COURTOT 

Julie Cuvillier-Courtot est femme cardinale au cœur d’une géographie métissée par le destin. En quête de soi, elle trace son identité perdue, retrouvée, multiple et reconstruit la mosaïque de sa vie dans cette remarquable fiction auto-biographique. Jaillissent les mots justes, jusque-là enfouis en elle, sur des sujets tabous : amours inavouables, accouchement sous X, avortement, adoption, handicap, racisme. Aucune leçon et une immense soif – très contagieuse – d’être révélée à soi-même et au monde. Récit d’une renaissance bouleversante. Un vécu qui chante avec courage, émotion et sensibilité, le métissage des cultures? D’est en ouest, du nord au sud. »

Portrait de Julie Cuvillier

Extrait de « La Femme cardinale » :

 » Je suis une femme cardinale… J’ai mis longtemps à me définir et cette expression me ravit. Je suis de partout et de nulle part mais pétrie de soleil, de froid, de cannelle et d’anis, de fleurs d’oranger et d’ambre, de Méditerranée et de montagnes, de sapins et de cyprès, de menthe et de lait, de vert et de bleu, de sable et de roches, de fenouil sauvage et de digitales, de neige et de sable. Je viens d’un Nord, je suis d’un Sud, je viens de l’Est et je vis à l’Ouest. Cependant, riche de ces contrastes, je suis parfois comme une boussole déréglée, incapable de trouver la bonne direction aussi ai-je pris la plume.
Et puis, cette envie de réclamer un pardon collectif pour tous ces enfants issus d’un métissage interdit ou plutôt humiliant. Ainsi, pendant que certaines femmes interrompaient délibérément leur grossesse, d’autres subissaient encore des pressions familiales puritaines et racistes devenant ainsi de secrètes victimes.
La France a mis du temps à demander pardon au peuple juif, elle mettra du temps à le faire avec certains pays du monde arabe. À l’époque où je suis née, elle avait besoin de main-d’œuvre et l’opinion publique se moquait pas mal de ces gens-là. Il ne faut pas oublier qu’une dizaine d’années auparavant, on avait fait disparaître, dans la Seine, des Arabes qui se révoltaient, et que d’autres, qui avaient servi notre belle patrie furent livrés à leur sort ou parqués dans des camps.
C’est sans doute pour cela que Corinne et Medhi turent leur amour.
Seulement, même s’il leur fut interdit de s’aimer librement comme de nombreux autres couples franco-maghrébins, les amants ont involontairement laissé une trace de leur union juvénile. Inexpérimentés, ils n’ont pas pensé que la vie pouvait en découler. Mais c’est pourtant ce qu’il advint. Et c’est Madame Scheller qui, du haut de ses principes, a pris les choses en main en décidant d’isoler ce fruit du péché. Personne ne sut donc que Corinne avait mis au monde un enfant. Sacrilège ! Sa fille et un Arabe ! Non ! Personne ne saurait… »

Julie Cuvillier-Courtot

L’origine de Julie Cuvillier-Courtot est une géographie d’émotion et de cœur. L’automne accueille sa naissance à Mulhouse en 1977. Elle naît à l’est, comme le jour. Seule. Au printemps suivant, son destin va suivre le soleil en lui offrant un père adoptif d’origine catalane et lui permettre de se sentir chez elle sur les terres alsaciennes de sa mère adoptive. La vie lui offre un frère. La vie lui vole un frère. De nouveau seule, mais avec ses parents, elle poursuit plus que jamais sa quête d’amour. La vie est belle, dans le merveilleux petit village de la vallée de Munster où elle habite, mais ne dure pas. Elle doit suivre ses parents dans le Poitou où elle termine son baccalauréat et débute son cursus universitaire. Elle prend les rênes de son destin en décidant de pousuivre sa route à Bordeaux où elle obtient son DEA de Lettres, à l’Ouest. Du côté du soleil couchant. Se rapprochant singulièrement de l’Espagne, le pays fantasmé et vécu. Des voyages qu’elle a pu faire en Norvège, au Pays-Bas, en Écosse, dans les Caraïbes, elle ne retient que son manque viscéral d’Espagne où elle se rend à chaque fois qu’elle en a l’occasion. Ce pays qui regarde son père franco-tunisien qu’elle ne connaît pas. L’Espagne, comme un trait d’union entre sa famille adoptive, sa mère franco-allemande qu’elle ne connaît pas non plus et ce père, dont elle a hérité du magnifique regard noir. Depuis l’Espagne, elle capte les odeurs, les sensations, les couleurs, les saveurs, les goûts, la chaleur d’un pays méditerranéen qui la rapproche de ce père. Reste à traverser la mer pour retrouver – peut-être, peut-être pas – cette part manquante de sa vie métissée. Cependant l’amour est là depuis toujours en elle. Sa famille d’adoption lui a transmis cette force de vie tournée vers les autres. Devenue enseignante de français, elle cherche à transmettre le cadeau qui lui a été fait à travers sa propre éducation. La connaissance, la lecture et l’écriture sont de merveilleuses armes au service de la résilience et de la conquête de la paix en soi. En travaillant dans un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique pour des enfants abîmés par la vie, Julie Cuvillier-Courtot fait de sa propre expérience un don, par désir d’altérité. Avec "La Femme cardinale" tout devient possible. Aux quatre coins du monde peut chanter l’amour.

4 Avis

  1. carthé - at - - répondre

    Quand une lecture comme celle-ci déclenche autant de sentiments forts, c’est que l’auteur nous pousse au plus près des questionnements essentiels de l’existence.
    L’émotion jusqu’au bout, au bord des larmes…et des larmes qui font du bien !
    Merci !

  2. Laure Boyer - at - - répondre

    J’ai adoré ce petit bouquin d’une grade finesse, preuve, s’il en fut d’une résilience éloquente et d’une grande sensibilité.
    Il faudrait le conseiller à tous les ados : témoignage de vie, transmission initiatique , ouverture sur les différences et toutes les questions autour de la famille, la solitude et le goût de vivre.

  3. Michèle Bayar - at - - répondre

    Je l’ai lu de bout en bout sans m’arrêter. Je suis arrivée à la fin, essoufflée, perplexe, admirative. L’auteur prend le parti de rompre le secret, de traquer la vie plutôt que l’opinion, de décrire la beauté des amours plutôt que leur issue fatale (la séparation des jeunes amants et l’abandon de l’enfant). Aucune mièvrerie cependant. L’auteur nous présente « une bouteille à moitié pleine » et s’intéresse à son contenu : l’amour, la faiblesse, la pesanteur sociale. On en retire une sensation de gâchis inutile. Il aurait fallu si peu de choses pour que les protagonistes défendent leur bonheur ! Un terrain propice, une compréhension affectueuse. Mais le qu’en dira-t-on plane de façon mortifère sur tout le récit dans les attitudes et la langue des parents de la jeune fille amoureuse, eux-mêmes présentés comme des victimes. Jusqu’où ira-t-on dans le malheur avant d’accepter l’autre dans ses différences ? Avant d’accepter que nos enfants vivent ?
    Jusqu’à parler ! Jusqu’à se parler ! C’est la réponse que m’offre en filigrane ce texte courageux où la parole et la compassion, sans pathos, sont libératrices.

  4. carlota - at - - répondre

    Les mots mis sur tant d’émotions vives ne peuvent que toucher. On sent dans ces lignes toute la profondeur de la blessure créée par l’abandon de l’enfant qui se retrouve orphelin, même lorsque adopté par des parents bienveillants. Des douleurs qui restent, des volontés de comprendre et la beauté de dire toute la difficulté des nombreuses épreuves engendrées par cette arrivée imprévue et non désirée provoquant une vie déchirée. Sont soulignées aussi les complications dues aux différences culturelles, tant pour ceux qui les choisissent que pour ceux qui sont condamnés à vivre avec la richesse de ce brassage -pas souvent perçu comme tel. Bravo pour ce récit beau et simple d’une histoire complexe mais belle !

Laissez un avis

*

7,00 € TTC