Un livre fort sur le Tchad et les camps de réfugiés
Un livre sur la guerre et les réfugiés au Tchad

Informations

  • Genre: : Nouvelles
  • Supports: : Papier
  • Pages: : 184
  • Format: : 11x15 cm
  • ISBN: : 978-2-37127-011-4

Présentation de l'ouvrage

La minute mongole, le recueil époustouflant de nouvelles écrites par l’une des plus grandes plumes de littérature en langue française.

Vue du petit écran, la guerre fait écran aux émotions, aux sensations,
à la torpeur vécues par les populations.
Contée par un auteur tchadien et suisse, les mots ont suffisamment mûri
dans sa chair et pris du recul, pour donner le frisson, donner envie
de courir très vite, loin, très loin du théâtre du drame ourdi par les dictateurs
et les vendeurs d’armes internationaux. Cependant on lit, même tétanisé, on lit.
Car la plume de Nétonon Noël Ndjékéry est délicieuse, alerte, élégante,
pleine d’humour et d’humanisme. La vie est là, habillée d’une once d’espoir,
qui permet de poursuivre la route, au-delà du pire. Mots contre les maux,
des nouvelles à lire et à faire lire ciselées dans l’art du récit et la majesté
d’une écriture dont la justesse n’a d’égale que la justice, dont est éperdument épris l’auteur.

Rendez-vous sous le soleil implacable des déserts d’Afrique, rendez-vous dans la poussière, rendez-vous dans la peur et la tourmente.
Rendez-vous dans les camps de réfugiés, rendez-vous dans la course à la survie, rendez-vous aves les migrants de la guerre.
Rendez-vous avec le courage, rendez-vous avec la dignité, rendez-vous avec l’honneur retrouvé.
C’est à tous ces rendez-vous que nous convie Noël Nétonon Ndjékéry dans la Minute mongole.

La minute mongole, un livre remarquable à lire absolument.

Nétonon Noël Ndjékéry

Nétonon Noël Ndjékéry s'apparente à un humaniste du siècle des Lumières. Ses études supérieures de mathématiques, physique et informatique le propulsent dans l'enseignement avant de lui donner envie d'aller plus loin dans le domaine industriel. La pédagogie et les mathématiques n'épuisent pas pour autant son exigence de savoir même si elles servent bientôt une autre cause : son amour de la langue française. Nétonon Noël Ndjékéry en est une sorte de géomètre, d'architecte et de bâtisseur. Les mots tombent à pic, tel un fil à plomb en quête d'équilibre parfait, au cœur de son écriture élégante et raffinée jusque dans l'évocation du pire. Le pire étant la violence perçue depuis l'enfance dans son pays natal, le Tchad, où en forme d'annonce, il décide de naître un 25 décembre. À moins que ce géant charismatique ne soit un vrai Père Noël plein de l'affection pour l'humain qui le caractérise éminemment et le rend, tout comme ses livres, si attachant ! Nourri dès sa prime enfance de la puissante sève de l’oralité subsaharienne, sa mère a juste le temps de lui insuffler le goût de conter et d’écouter avant que le divorce de ses parents ne le sèvre à jamais des berceuses. Mais il a déjà contracté le virus de la parole partagée et en devient une des plus fidèles victimes consentantes. Dès lors, il ne cessera plus de prêter l’oreille au moindre griot de passage. Après quelques années d’école, s’ouvre à lui l’univers fabuleux des livres. Il s’y enfonce, papillonne, butine au gré des bibliothèques et découvre fasciné que la parole volante et la parole écrite sont les deux rouages d’une seule et même machine à revisiter les rêves comme les réalités. Le mathématicien a trouvé dans l'écriture, dont il se délecte avec gourmandise, le meilleur viatique pour faire vivre son pays d'enfance mis à distance par le destin. Ancrés dans l’actualité et teintés de poésie, ses textes côtoient l'humour pour endiguer les débordements des hommes. Il se souvient du camp militaire où il a grandi aux côtés de son père, ancien « tirailleur sénégalais », qui lui a aussi offert une rencontre inoubliable avec la langue française. La Suisse lui offre une seconde nationalité et abrite sa vie de père et d'époux, cependant que l'écriture garde au chaud de son cœur le grand continent aimé. La part d'enfance que trahit son regard malicieux et le désir de protéger les autres de toute violence transparaissent au fil de sa plume rappelant son humanisme profond. Son esprit scientifique ne laisse pas pour autant passer les injustices criantes de notre monde contemporain, qu'il analyse avec une puissance qui n'a d'égale que la réalité elle-même. L'occasion par la littérature de ressentir jusque dans sa propre chair la chaleur du sang que la guerre fait couler. Bâtisseur de mots contre les maux du monde. Un pari fou. Un pari gagné à chaque fois qu'une once d'espoir éclot à fleur d'écriture. Sylvie Darreau, La Cheminante

3 Avis

  1. Xavier Delhert - at - - répondre

    Une écriture très belle et très travaillée pour parler de la guerre en Afrique, du destin d’individus dépassés par la raison des conflits, dominés par l’arbitraire et le despotisme.
    C’est un formidable recueil de nouvelles où on la sensation majeure est celle de marcher sur un fil entre humour et tragédie sans jamais vraiment tomber d’un côté.
    J’ai adoré, je le conseille à tous !

  2. Sylvie - at - - répondre

    Critique
    par Françoise Delorme
    Publié le 11/12/2014 sur le site
    Vice versa Littérature.ch

    Les cinq récits qui composent ce livre tiennent à la fois de la nouvelle et de la fable morale. Clos par une chute surprenante, ils s’ancrent dans le quotidien et l’histoire violente du Tchad (dont certains traits peuvent être ceux de l’Afrique tout entière) et produisent une morale universelle, qu’il s’agisse du comportement personnel ou des mouvements collectifs.

    Dans «Bemba», le premier récit, Nétonon Noël Ndjékéry raconte comment un événement mortifère surgit. Il déplie sous nos yeux un réseau de raisons inextricablement enchevêtrées les unes dans les autres: l’ignorance d’un jeune homme qui trouve une grenade sans savoir ce que c’est et croit qu’il s’agit d’un fruit magique, une hiérarchie sociale rigide qui entrave les amours véritables, l’appât du gain pour de bons ou de mauvais motifs et les enjeux parfois incompréhensibles et eux-mêmes composites d’une lutte pour le pouvoir national. Le style, à la fois précis et traversé de fulgurances poétiques très évocatrices, construit peu à peu une vision chaleureuse d’un monde humain complexe, douloureux, parfois presque absurde.

    Chacun de ces récits poignants noue dans des proportions diverses et par des intrigues singulières les mêmes problématiques pour faire apparaître, en le grossissant, un aspect différent. Cependant, il semble que Nétonon Noël Njékéry ait le plus à cœur de montrer comment un élan primaire d’égotisme ou un égoïsme fondamental s’allient vite à d’autres faiblesses tout humaines pour créer un monde corrompu dont la violence n’a d’égale que celle inéluctable du désert et des cataclysmes naturels. Il n’épargne à l’imagination du lecteur aucune torture, ni celle de la sécheresse, ni celle de la faim, ni celle des geôles, ni celle de la peur. Dans le récit «La minute mongole» qui occupe le centre du livre, l’écrivain laisse pourtant espérer que, parfois, une petite lucarne pourrait s’entr’ouvrir un instant, c’est «la minute mongole», minute d’où peut jaillir une imprévisible liberté. Il s’agit de ne pas la laisser s’envoler, et, surtout, de ne jamais négliger aucune possibilité d’agir le moins mal possible.

    Que vais-je bien faire d’un petit orphelin, moi dont le sacerdoce est d’enterrer les cadavres?

    Ces mots concluent le dernier récit, «Maman, les cocos?», qui conte la souffrance d’une femme poussée à bout par un mari jaloux et soucieux de pureté identitaire. Toutes les vicissitudes humaines ordinaires se trouvent exacerbées dans un monde trop difficile: elle meurt d’épuisement après avoir bercé longtemps son enfant du rêve d’être enfin débarrassé de la faim, mais aussi de la bêtise. Elle l’a cependant suffisamment protégé, au-delà de ses propres forces, même poussée dans ses derniers retranchements. Il survit, miraculeusement. L’écrivain prend le relais et recueille cet orphelin imaginaire. Il tente avec cette histoire et celles douloureuses et violentes qui l’accompagnent de circonscrire les problèmes d’un pays écartelé entre une tradition blessée et une modernité technique et politique non questionnée. Il tente de montrer comment elles s’entrecroisent pour créer une société dénaturée dont la brutalité se répand dans tous les rouages de la vie commune.

    Les récits, comme les étoiles, durent plus longtemps que les hommes. L’écrivain espère qu’ils pourront, peut-être, contribuer à une meilleure compréhension du monde, en offrant au lecteur de pouvoir revenir sur le passé pour l’interroger, le regarder en face et échapper ainsi à toute simplification hâtive et désincarnée:

    Il paraît qu’une étoile a la même trajectoire qu’un être vivant. […] Si ce n’est qu’elle aurait cette faculté déniée au commun des mortels de continuer à vous mitrailler de clins d’œil longtemps, longtemps après qu’elle se soit éteinte.

  3. carthé - at - - répondre

    Parler de la guerre, des affres des humains sans tomber dans le pathos n’est pas forcément simple. L’auteur Nétonon Noël Ndjékéry nous offre une écriture ciselée et belle pour nous saisir de façon fulgurante. Des nouvelles qui sondent l’âme humaine au cœur de ses peurs, de ses plus grandes aspirations, de ses désillusions et de ses plus beaux espoirs. A chacun de trouver sa propre minute mongole… Une magnifique réflexion sur nos destinées.

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