Sables mouvants est un livre sur la quête d'identité.

Informations

  • Genre: : Roman
  • Supports: : Papier
  • Pages: : 240
  • Format: : 14x22,5 cm
  • ISBN: : 978-2-917598-85-6

Présentation de l'ouvrage

« Sables mouvants » de Nella Larsen
traduit par Florence Canicave
directeur de la collection Harlem Renaissance Percival Everett

Helga Crane, l’héroïne de ce roman de Nella Larsen :
une Emma Bovary sans homme à aimer, au son du Jazz…

Du Sud raciste des années 20 aux États-Unis, en passant par Chicago, Harlem
et Copenhague, l’héroïne de Nella Larsen, Helga Crane, jeune femme orpheline,
digne, rebelle, insupportable et terriblement attachante évolue dans le fil chaotique
d’une vie extraordinaire.
D’emblée le décor est planté : la couleur est le fil conducteur de ce grand roman
où la sensualité rouge et or des tissus s’oppose au noir et blanc de la peau.
L’apparence contre le destin. Vain combat d’Helga Crane dont la double appartenance
au monde noir et au monde blanc la sépare continûment d’elle-même sans juste milieu.
Une vie romanesque en quête d’un bonheur inatteignable, miroir d’une époque en pleine
effervescence artistique, dont on quitte à regret l’héroïne, et le récit rocambolesque
de son existence.

À peine cinquante ans après l’abolition de l’esclavage aux États-Unis
naît le mouvement Harlem Renaissance qui réunit musiciens, écrivains, poètes,
dramaturges, peintres, comédiens dans un élan de créations inouïes.
Nella Larsen appartient pleinement à ce mouvement avec
seulement deux romans à son actif et une postérité remarquable de
par la singularité de son écriture et du vécu à fleur de peau de son
métissage antillais et danois.

En savoir plus sur la collection Harlem Renaissance
à La Cheminante :

Aimé Césaire cueille chez les auteurs noirs-américains
du mouvement Harlem Renaissance
des années 20 le concept de négritude,
celui de la mise en lumière d’une identité noire
qui permet à chacun d’exprimer son être au monde.
Si la postérité retient plus facilement la musique
et les voix extraordinaires des jazzmen de l’époque,
les œuvres des romanciers, nouvellistes, dramaturges
et poètes sont tout aussi fécondantes pour l’avenir.
Avec cette collection, La Cheminante souhaite tisser
une nouvelle géographie outre-mer
entre les Amériques, l’Europe et l’Afrique.
Ouvrir un dialogue entre les auteurs
du mouvement d’origine et les auteurs
contemporains qui reconnaissent
dans Harlem Renaissance une filiation porteuse
d’un vivre-ensemble de nos belles singularités.
Le chant profond de l’art en chacun de nous.
Romancier, essayiste et directeur
du département de littérature anglaise
de l’université de Californie du Sud
à Los Angeles, Percival Everret est directeur
de la collection Harlem Renaissance.

 

Article Marianne sur La Cheminante

 

Nella Larsen

Être une femme écrivaine, de mère danoise et de père antillais, dans les années 20 aux États-Unis, c'est déjà avoir en puissance une dimension romanesque. Nella Larsen incarne un personnage tout au long de sa vie. Elle naît à Chicago le 13 avril 1891 seulement vingt-six ans après l'abolition de l'esclavage aux États-Unis. Elle naît au XIXe siècle. Il faut se répéter sa date de naissance, pour croire qu'une écriture qui nous touche autant, plus d'un siècle après cette naissance, ait pu sourdre de cette personnalité atypique et en même temps emblématique de cette époque foisonnante du début du XXe siècle. Nellallitea Larsen fait ses études à la Fisk University, à Nashville dans le Tennessee. Une université fondée en 1866 et destinée aux Noirs. Première transition abrupte dans son existence : elle quitte le monde noir de cette université pour le monde blanc du Danemark. La suite de son chemin oscille dans des déplacements d'un monde à l'autre, sans que son métissage ne l'autorise jamais à appartenir de manière à part entière, au monde noir ou au monde blanc. Ce qu'exprime singulièrement sa présente autobiographie Sables mouvants et son roman Passing. Nella Larsen est une « passante » et semble traverser sa vie dans une sorte de point de vue en contre-plongée sur les autres et sur elle-même. S'il s'agissait d'une situation ludique, elle pourrait être comparée à une sorte de Mary Poppins métisse. Nella Larsen « passe » ensuite à New York où elle obtient son diplôme d'infirmière avant que ne l'aimante de nouveau le Sud où elle va travailler au Tuskeggee Institute en Alabama. Elle y fait la connaissance de Booker T. Washington, figure emblématique de la lutte pour la reconnaissance des droits des Noirs-Américains, son double masculin au métissage inversé, de père blanc et de mère noire. Cette rencontre en miroir avec le fondateur de la première école destinée aux Noirs attisera en elle son rapport complexe d'appartenance au monde. Plus qu'une nécessaire appartenance à un camp ou à l'autre, Nella Larsen est habitée par une singularité qu'elle revendique tout au long de son existence, en quête d'un monde sensuel et multicolore, avec « luxe, calme et volupté » à la clé. Une clé malheureusement sans porte. Elle repart à New York, se marie en 1919 avec un docteur en physique, Elmer Samuel Imes, mais surtout elle habite à Harlem où elle travaille à la bibliothèque de la 135e rue. Moment crucial dans son parcours binaire, elle fait la connaissance des artistes, écrivains et intellectuels afro-américains de Harlem et se consacre entièrement à l'écriture à partir de 1926. Elle publie Quicksand (Sables mouvants) en 1928 et Passing en 1929. Elle voyage quelque temps en Europe puis est accusée à son retour à New York de plagiat pour son roman Sanctuary. 1933, elle divorce et la fin de sa vie la fait disparaître dans un anonymat qui ressemble étrangement à l'effacement de toute couleur en elle. Ne plus avoir à choisir entre le noir et le blanc, le père et la mère. Pourtant, et c'est bien cela qu'il faut retenir, le génie de cette écrivaine hors pair, est d'avoir été reconnue comme une des leurs, par les plus grandes plumes du mouvement Harlem Renaissance et d'accéder à une postérité inaliénable de par la tessiture et la profondeur d'une écriture singulièrement contemporaine.

2 Avis

  1. Carthé - at - - répondre

    Nous sommes happés par les sentiments profonds de l’héroïne, oscillant entre l’euphorie et le désespoir,dans sa quête du bonheur et la recherche de sa place dans la société et dans le monde. L’auteur sonde l’âme humaine avec lucidité. Elle nous offre de l’émotion, et de l’attachement.
    Magnifique écriture, à lire et relire. Un grand merci à la maison d’édition!

  2. Perrine - at - - répondre

    Une héroïne tout à tour oppressée, en mal de reconnaissance, exhibée mais avant tout incomprise, voilà ce qu’Helga Crane doit traverser. Elle ne nous inspire pourtant pas que de la sympathie mais au fond, comment lui en vouloir, elle qui se retrouve coincée entre deux cultures opposées, sans pouvoir se sentir appartenir à l’une ou à l’autre. Un roman sur la quête de soi ou comment se définir au milieu d’une société qui prône, à cette époque, la ségrégation.

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