Couverture Ejo

Informations

  • Genre: : Nouvelles
  • Supports: : Livre papier
  • Pages: : 144
  • Format: : 14x19 cm
  • ISBN: : 9782371270244

Présentation de l'ouvrage

Ejo, seulement trois lettres pour dire notre origine et notre avenir.
Un seul petit mot en kinyarwanda, la langue nationale du Rwanda,
pour reconquérir la vie, retrouver les mots d’avant et inventer
ceux d’après le génocide des Tutsi.

Ejo, comme un élixir de paroles croisées, vivantes, vibrantes,
ambiancées, de femmes très attachantes en quête d’elles-mêmes,
comme nous le sommes de nous-mêmes – la terrible parenthèse
du pire en moins.

Et une jeune auteure franco-rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse,
exceptionnelle conteuse qui, en dix nouvelles, réinvente l’avenir
d’un pays meurtri. Une écriture sans concession, à bras ouverts,
alerte, pleine d’humour, de tendresse et de courage.
Embarquement assuré vers l’autre. Le seul voyage qui vaille d’être vécu.

BEATA MISE EN SCENE ANNE LAURE BOYER
©
 Anne Laure Boyer

Avant-propos de l’auteure :

« J’ai appris le français avec les Belges et l’anglais avec les Canadiens. Ce qui m’a plus tard donné l’impression d’écrire et de parler avec des langues de seconde main. En kinyarwanda, seconde-main se dit sekeni et vient de l’anglais second-hand. Le kinyarwanda est ma langue maternelle, celle avec laquelle j’ai commencé à nommer le monde, dans laquelle on m’a attribué un nom – Umubyeyi. Le français est arrivé très vite après, à la maternelle de l’école internationale (belge) de Butare. Quelques années plus tard, dans cette même école, c’est une dame aux traits asiatiques, venue de Vancouver, je crois, qui m’apprendrait mes premiers mots d’anglais.

Lors d’un récent séjour au Rwanda, j’ai réalisé que nous étions ainsi quelques-un(e)s de ma génération à jongler aisément et constamment avec l’anglais, le kinyarwanda et le français, utilisant une langue ou l’autre à-propos, comme un costume que l’on adapte à l’interlocuteur ou l’interlocutrice en face de soi.
Toute mon enfance, j’ai été habillée de fripes achetées au marché de Butare. J’aime bien les affaires d’occasion. On n’a pas peur de les abîmer, elles ont déjà affronté la réalité. Certes, elles sont moins flamboyantes, mais tellement plus fiables. Moins exigeantes aussi. J’avais, à quinze ans – à la veille du génocide – un vêtement d’occasion auquel je tenais particulièrement car il était réversible. Un de ces gilets sans manches que l’on portait alors sur un T-shirt ou une chemise. Noir d’un côté, rouge de l’autre. Une peau métisse génère un tas de représentations. Blanche en Afrique, noire en Europe. Souvent, c’est en parlant aux gens dans leur propre langue, sans le moindre accent, que j’ai réussi à me libérer de la caricature. Porter sa peau comme on porte un vêtement réversible. Pour sauver cette peau, pendant le génocide, j’ai prétendu que je ne parlais pas du tout le kinyarwanda. Renier ma langue maternelle. Être blanche pour leur faire oublier que j’étais aussi noire, Tutsi.

Dans la plupart des langues, hier et demain sont désignés par des mots différents. En kinyarwanda, qui est pourtant une langue très riche et raffinée, c’est un même mot qui exprime les deux temporalités : ejo. C’est dans les méandres du récit, dans la conjugaison des regrets, que l’on devine le temps désigné.
Et aujourd’hui ? Ce n’est pas simple.
Rescapée, transfuge social et « racial »;  j’ai tenté, dans ces quelques textes de fiction, de peindre cet ejo complexe, à travers des histoires de femmes qui disent leur passé simple, leur conditionnel présent et leur futur, certainement imparfait. Des textes qui illustrent combien hier épuise, hante et bouleverse la vie des survivant(e)s du génocide des Tutsi du Rwanda.
Ceci n’est pas un recueil de nouvelles du génocide. Il y est question de l’avant, l’ejo-hier, ces années d’espoir et d’inquiétude mêlées, mais il s’agit surtout ici des jours d’après, l’ejo-demain de la survivance. »

 

Les médias en parlent :

LOGO LA QUINZAINE LITTERAIRE

http://www.lacheminante.fr/ejo-de-beata-umubyeyi-mairesse-dans-la-quinzaine-litteraire-n1136-p-13/

 

LOGO FRANCE CULTURE

ÉCOUTEZ LES CINQ x CINQ MINUTES DE BEATA SUR FRANCE CULTURE

Lundi 11 mai :
http://www.franceculture.fr/emission-au-singulier-beata-umubyeyi-mairesse-15-le-musee-ethnographique-de-butare-au-rwanda-2015-05
Aujourd’hui, elle évoque
un lieu : le musée ethnographique de Butare ou « musée national du Rwanda / Ingoro y’Umurage w’u Rwanda ». Elle avait dix ans quand il s’est ouvert dans la ville de son enfance, à Butare. Entouré d’un très joli jardin, ce musée raconte l’histoire et la culture de son pays, qu’elle a quitté à quinze ans, en 1994…

Mardi 12 mai :
http://www.franceculture.fr/emission-au-singulier-beata-umubyeyi-mairesse-25-liquidation-de-imre-kertesz-2015-05-12
Aujourd’hui, elle évoque un livre relié à un lieu : le texte Liquidation de Imre Kertesz (éd. Actes Sud, Traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, 1990, réed. 2004), puis son adaptation théâtrale, font écho à une visite qu’elle a faite en 2005, dans le camp d’Auschwitz. Elle trouve dans ce livre les mots qui disent le même malaise qu’elle a ressenti dans ce lieu : en tant que survivante d’un autre génocide, elle pensait y vivre quelque chose de particulier, mais s’était trouvée en décalage avec le tourisme mémoriel qui y régnait…

Mercredi 13 mai :
http://www.franceculture.fr/emission-au-singulier-beata-umubyeyi-mairesse-35-the-black-power-mixtape-2015-05-13
Beata parle d’
un film documentaire : The black power mixtape de Göran Hugo Olsson (2011). Réalisé à partir d’images des archives de la télévision suédoise, tournées entre 1967 et 1975, ce film raconte autrement et subjectivement les Black Panthers. Il mêle musique, reportages et  interviews de différents artistes, activistes ou musiciens qui sont des piliers de la culture afro-américaine.

Jeudi 14 mai :
http://www.franceculture.fr/emission-au-singulier-beata-umubyeyi-mairesse-45-one-day-i-will-write-about-this-place-de-binyavanga
Beata évoque
un livre, lu la nuit : Un livre : One day I will write about this place de l’écrivain et journaliste kenyan Binyavanga Wainaina (éd. Granta Books, 2011 – non traduit en Français).

Vendredi 15 mai :
http://www.franceculture.fr/emission-au-singulier-beata-umubyeyi-mairesse-55-%C2%ABendangered-species%C2%BB-de-dianne-reeves-2015-05-15
Beata évoque une chanson : «Endangered Species» de la chanteuse Jazz Dianne Reeves (album Art and Survival, EMI, 1994)

 

COUV JEUX EXTRA FEMME ACTUELLE N°26 BEATA

http://www.lacheminante.fr/une-nouvelle-de-beata-umubyeyi-mairesse-de-son-recueil-ejo-publiee-dans-femme-actuelle-jeux-extra-n26-mars-avril-2016-a-loccasion-de-la-semaine-de-la-la-langue-francaise-et-de-la-francopho/

 

MAGAZINE AFRIQUE ASIE

http://www.lacheminante.fr/article-sur-ejo-de-beata-umubyeyi-mairesse-dans-le-magazine-afrique-asie/

 

LOGO FRANCE 24

PHOTO FRANCE 24 BEATA

 

Olivier Desmettre, journaliste et grand lecteur, offre son point de vue sur  Ejo de Beata Umubyeyi Mairesse :

Difficile, après la lecture d’Ejo, le premier livre de Beata Umubyeyi Mairesse, de ne pas penser à ces mots prononcés par l’écrivain Kamel Daoud au moment de recevoir le prix Goncourt du premier roman pour son livre Meursault, contre-enquête : « La littérature fait l’histoire, elle la raconte, elle la commente, elle la comble aussi. (…) La littérature c’est ce qui rappelle tout ce qui est disparu, tout ce qui est effacé, occulté, tout ce qui est non-dit. La littérature, c’est l’histoire de l’histoire. C’est donner la parole aux morts, aux fantômes, au silence. »
Originaire de Butare, deuxième ville du Rwanda, « ancien centre intellectuel de la région », Beata Umubyeyi Mairesse y a appris le français, avec lequel elle aurait pu écrire un témoignage de plus sur le génocide. Mais elle a fait le choix de la littérature pour dire ce que justement ne pourrait pas dire le récit.
 
Dans sa langue maternelle, le kinyarwanda, qu’elle a prétendu ne pas savoir parler pour sauver sa peau, Ejo désigne à la fois hier et demain. « Ceci n’est pas un recueil de nouvelles du génocide. », écrit-elle en introduction, « Il y est question de l’avant, l’ejo-hier, ces années d’espoir et d’inquiétude mêlées, mais il s’agit surtout ici des jours d’après, l’ejo-demain de la survivance. »
Dix nouvelles dont les titres chaque fois réunissent le prénom d’une femme et un temps, une situation, qui la caractérise ou bien qu’elle traverse. Dix nouvelles écrites dans un français irrigué par de nombreux mots de sa langue maternelle. Dix nouvelles, dont dix pages au plus chaque fois suffisent à montrer comment l’histoire d’une vie compose avec la mort. Comment, par l’évocation des tueries de soixante-treize et quatre-vingt-dix, qui ont précédé « le calvaire du mois de mai nonante-quatre », ce qui est arrivé était une tragédie annoncée. Comment le vivre ensemble des rwandais reposait souvent sur la haine et d’impossibles amours. Comment il n’est pire aveugle que celui, ou celle, qui ne veut pas voir…
 
Derrière chaque phrase de ce recueil sourdent l’immense colère et l’infinie tristesse de Beata Umubyeyi Mairesse. Derrière chaque phrase de ce recueil sourdent l’immense nostalgie et l’infini espoir de Beata Umubyeyi Mairesse. Elle est la voix, souvent mordante, sans concession ni apitoiement, de celles et ceux qui ont compris que la mort arrivait ; de celles et ceux qui ne sont pas morts et essaient de vivre, à côté de leurs bourreaux ; de celles et de ceux qui ne sont pas morts et essaient de vivre, loin de leurs bourreaux ; de celles et de ceux qui ne sont pas morts et essaient de retrouver leurs morts pour vivre ; de celles et ceux qui avaient « décidé de mettre le Rwanda entre parenthèses » et reviennent maintenant chercher « l’exotisme puant de [leurs] années de coopération »…
 
Par la force de la littérature, Beata Umubyeyi Mairesse est, en quelques pages seulement, la voix de tant de femmes et d’hommes. Cette littérature, « histoire de l’histoire », qui, dans ce recueil, donne « la parole aux morts, aux fantômes, au silence. »
Olivier Desmettre

Découvrez le second recueil de nouvelles
de Beata Umubyeyi Mairesse : « Lézardes »
en cliquant sur la couverture :

COUV LEZARDES DE BEATA UMUBYEYI MAIRESSE

 

Author

Beata Umubyeyi Mairesse est née à Butare au Rwanda en 1979. L’impensable surgit dans sa vie avec le génocide des Tutsi. Le départ pour la France sera celui d'une adolescente armée du plus précieux des bagages : sa passion pour la littérature. Après des études supérieures dont Sciences-Po Lille et un DESS en développement et coopération internationale à la Sorbonne, elle intègre le monde des ONG et assure des missions aux quatre coins de la francophonie (Cameroun, Sénégal, Vietnam, Canada…). Les petits carnets d'écriture qui l'accompagnent et ses amours des littératures anglophones lui ouvrent la voie de la nouvelle. Ciseler l'expérience dans une fiction courte pour dire l'essentiel avec talent, courage et humour. Son premier recueil de nouvelles "Ejo", édité à La Cheminante, a reçu le Prix littéraire François Augiéras 2016. "Lézardes", son second recueil de nouvelles édité à La Cheminante continue d'explorer la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda pour penser et panser les dégâts intimes et à la fois universels produits sur toute sa génération rwandaise. En lisant ses nouvelles, on pense aux photographies de Sebastião Salgado où les théâtres de guerre s'éclairent d'une beauté saisissante.

6 Avis

  1. Lila - at - - répondre

    Un recueil de nouvelles sur le Rwanda qui s’impose comme un témoignage essentiel pour connaitre ce pays. À lire absolument.
    Lila (Liban)

  2. carthé - at - - répondre

    Des nouvelles, dans un style fluide qui révèle sans artifice l’humanité et la déshumanité. Les choses sont dites. L’auteure explore la condition humaine, ses interrogations face à la religion, à la cruauté, à tous les liens qui unissent les êtres humains. L’absurdité de la guerre est démontrée. Pour ne pas oublier la douleur d’un pays et pour espérer un « demain » tendre comme l’écriture de Beata Umubyeyi Mairesse. A lire comme on se blotti au creux de la vie.

  3. Laure Boyer - at - - répondre

    Il est question d’Avant, il est le quotidien d’Après … le Génocide du Rwanda, la guerre Tutsi Hutu.
    Il est question de Viols et de décapitations, de violences inouïes et d’horreurs indicibles. Mais in n’est question ni de pathos, ni de complaisances mortifères.
    Beata Umubyeyi Mairesse,est une jeune auteur franco-rwandaise, qui, par la douceur du Verbe nous conte ce pays ravagé, ces êtres ennemis et parfois conjoints ou complices en même temps, dispersés, arrachés à eux-mêmes et aux leurs .Elle nous transmet ce qu’elle a vécu.
    Avant, elle nous dit l’horreur de la guerre mais Après le possible émerveillement d’une pulsion de vie, présente, porteuse d’espoir, d’ailleurs et de simplicité.
    Elle nous offre La Renaissance de la jeunesse.
    Elle nous dit La vérité, La vie.
    Ce que nous pouvons recevoir et qu’elle veut partager.
    Pour reprendre la parole, quand ce que l’on a vécu est indicible, il faut sans doute avoir suffisamment confiance pour en passer par l’autre.
    Beata nous fait un très beau cadeau : l’invention de sa vie.

  4. Rouillon - at - - répondre

    Un ouvrage fort qui ne m’a pas laissé insensible. Et surtout une belle, belle rencontre avec Beata Umubyeyi Mairesse à l’Escale du livre de Bordeaux. « Ejo » fait parti de mon spectacle lecture « Cris de femmes ».

  5. Vouhé Claudy - at - - répondre

    J’ai beaucoup aimé les nouvelles de Béata, l’écriture est précise, efficace, parlante. Et les histoires sentent le vrai, disent tout en contournant, avec une pudeur, une douceur et une dureté aussi que toutes celles qui connaissent le Rwanda et son histoire reconnaitront comme authentiques.

  6. François Rutanga - at - - répondre

    Nifuza kuzamenyana na Béata Umubyeyi. Kugirango
    azamfashe kwongera gukunda igihugu cyacu.
    Kugirango kitazazimangana.
    Mzee François

Laissez un avis

*

14,00 € TTC