COUV LA BMANCHE

Informations

  • Genre: : Roman
  • Supports: : Papier
  • Pages: : 108
  • Format: : 11x15 cm
  • ISBN: : 978-2-917598-70-2

Présentation de l'ouvrage

MAI-DO HAMISULTANE

« Il y a quelque chose dans le style de cette jeune écrivaine franco-marocaine
qui se situe entre Marcel Proust, Marguerite Duras et Mohammed Khair-Eddine.
Quelque chose qui transcende les mots, les temps, les émotions.
Et qui nous entraine loin de notre quiétude de lecteur. »
Jean Zaganiaris
dans le journal « Libération » Maroc

La Blanche, un roman avec Casablanca en point de mire et un suspense en toile de fond,
pour dire l’enfance, le rapport aux aînés, le retour en pays natal.
La blanche maison familiale, l’arme blanche du crime,
la blanche couleur du deuil, l’îlot blanc de Sidi Abderrahman,
Casablanca aussi bien sûr : toute une atmosphère éthérée
qui donne à douter de tout, sauf de l’essentiel, un amour indéfectible
pour la grand-mère. Un goût blanc et pur de l’enfance…

Le titre intrigant de ce roman – La Blanche – est à souligner
et incite doublement à la lecture puisqu’il s’agit de suspense
et en même temps du déploiement d’une psychologie
des personnages passionnante.

La présence de Casablanca et des souvenirs d’enfance
renforcent l’attrait du récit, de par un déroulement
très cinématographique des événements.

Maï-Do Hamisultane

Native de La Rochelle, Maï-Do Hamisultane passe une partie de son enfance à Casablanca, dans une villa familiale blanche, Art Déco, où règne une atmosphère singulière. Écrivains, intellectuels, cinéastes s’y retrouvent pour des soirées animées où la joie des idées et des points de vue débattus distille dans son cœur et son esprit l’or des champs intellectuels et artistiques. Un grand-père maternel marocain fassi, une grand-mère paternelle chinoise, un grand-père paternel vietnamien et un nom de famille « Hamisultane » originaire de l’Inde constituent une géographie universelle d’emblée littéraire. Comme un destin scellé dans la filiation qui l’accompagne naturellement dans ses études, en classe préparatoire hypokhâgne et khâgne BL (lettres et sciences sociales) au lycée Janson de Sailly à Paris, puis en licence de lettres à la Sorbonne avec à suivre des études de médecine, avec une spécialité en psychiatrie. Un virage à 180° ? Plutôt un dilemme dans l’horizon des possibles, aller vers l’autre par la mèdecine ou bien par la littérature, sa seconde nature. Elle publie des poèmes dans un quotidien marocain, avant de se lancer dans l’écriture de son premier roman, explorateur des sentiments amoureux, du deuil, de l’enfance et du deuil de l’enfance : "La Blanche", édité à La Cheminante. En une géographie maritime qui la fait naître et passer son enfance sur la Côte atlantique en France, puis au Maroc, et vivre à présent entre Paris et Nice, Maï-Do Hamisultane place son nouveau roman "Santo Sospir" sous l’égide des fresques de Jean Cocteau offertes à la Villa Santo Sospir de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Ici se joue symboliquement le destin de milliers de femmes, à commencer par Pénélope, dont l’attente du retour de l’aimé est un éternel recommencement. Saints soupirs des femmes de pêcheurs qui attendent leur retour improbable... L’héroïne attendra elle-aussi, jusqu’à l’arrivée d’un nouvel amant... Dans une écriture profondément habitée par le style de Marguerite Duras, Maï-Do Hamisultane offre dans Santo Sospir un récit envoûtant jusqu’à l’étourdissement, tout au long duquel elle sème des fulgurances littéraires lapidaires qui donnent à penser nos propres amours et notre rapport à la littérature.

Un Avis

  1. Jean Zaganiaris - at - - répondre

    Chronique littéraire: “La Blanche”, un roman de Maï-Do Hamisultane

    “Détruire” dit-elle mélancoliquement
    Chronique littéraire: “La Blanche”, un roman de Maï-Do Hamisultane
    Il y a quelque chose dans le style de cette jeune écrivaine franco-marocaine qui se situe entre Marcel Proust, Marguerite Duras et Mohammed Khair-Eddine. Quelque chose qui transcende les mots, les temps, les émotions. Et qui nous entraine loin de notre quiétude de lecteur. La narratrice annonce le ton : « J’ai senti l’éternité basculer dans le vide ». Les années passent, la vie se consume. Les événements traumatiques et la mélancolie prennent le pas sur les beaux jours de l’enfance et sur les émois des premières romances. Tout le roman tourne autour d’un paradis perdu, d’un Eden dont on a été chassé. La narratrice évoque la belle maison Mira Ventos à Casablanca, où tout le monde se sentait bien. Les enfants s’amusaient, les adultes conversaient agréablement. Et puis des événements violents sont venus perturber cet havre de paix. Le grand-père a été assassiné. La jeune fille est définitivement sortie de l’enfance. Elle marche sur le sable, perdue dans ses souvenirs : « Je me suis levée très tôt ce matin pour mieux sentir l’air iodé et frais de l’Atlantique. L’immensité du sable gorgé d’eau qui se perd à l’horizon. Marcher des heures sur le sable mouillé. Laisser s’enfoncer ses pieds nus. Marcher. Laisser ses empreintes sur le sol. Être suivie. Ne pas être suivie. Divaguer. Se perdre. S’y perdre et laisser la trace de ses pas se noyer dans l’écume mousseuse de l’Océan. Envie folle de se fondre aux odeurs de l’enfance ». Mais l’enfance est définitivement perdue. Tout comme l’innocence. La maison est vendue à « un Allemand gras et laid ». Dans les souvenirs de la narratrice, cette demeure est comme un être vivant. Un être qui doit renaître de ses cendres. On ne peut être réduit à son passé. La vie continue et les existences au sein d’une même personne se succèdent. C’est à Paris que l’héroïne se reconstruit, en rencontrant Victor. Elle est très amoureuse de lui. Mais ce n’est pas réciproque. Il est près d’elle mais il n’est pas avec elle. Il s’endort à côté de son corps nu mais il y a toujours cet espace entre eux, telle une plaie béante qui ronge le lit nuptial. Lorsqu’il la regarde, « ses yeux sont comme morts ». Elle essaie de mettre fin au vide qu’il y a entre eux mais sans succès. Elle tombe enceinte. Il lui impose l’avortement alors qu’elle aurait voulu garder cet enfant. La pulsion de mort vient fusionner avec la pulsion d’amour. Eros et Thanatos mènent le bal de cette danse macabre. La narratrice se rattache à ce qu’elle peut. Elle s’accapare passionnément quelques objets, rappelant l’enfance : « Les yeux en verre d’une poupée me regardent. Elle veut que je la sauve. Elle a peut-être peur aussi qu’un enfant innocent, insouciant lui arrache la tête. Je prends la poupée avec moi. Je décide de l’appeler Louise ». Mais elle, qui la sauvera de son besoin de s’annihiler, de se détruire, de s’anéantir ? Qui la ravira à son chagrin ? Elle s’accroche aux dernières traces de l’Eden perdu. Elle s’accroche aux souvenirs de Mira Ventos. Elle s’accroche à l’image de Victor, qu’elle se refuse d’effacer de sa mémoire. Mais l’échappatoire est peut-être aussi dans l’oubli, l’effacement. Le bonheur est bien souvent « sous la crasse humaine ». « Détruire » dit-elle, avec un étrange sourire sur les lèvres. Transformer les mots d’amour en « bouillie de chairs visqueuses ». L’issue est peut-être là…N’être plus qu’une image floue, flirtant avec l’éphémère…A l’image de cette femme clown au regard si triste mais tellement sublime, prisonnière de son chagrin mais si proche de la grâce.
    Jean Zaganiaris Enseignant chercheur EGE Rabat

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