Michèle Gharios écrit A l'aube de soi

Informations

  • Genre: : Roman
  • Supports: : Livre papier
  • Pages: : 201
  • Format: : 14x19 cm
  • ISBN: : 978-2-37127-027-5

A l’aube de soi – de Michèle M. Gharios

Présentation de l'ouvrage

À l’aube de soi, un roman de Michèle M. Gharios aux éditions La Cheminante

Michèle M. Gharios auteure du roman A l'aube de soi
Michèle M. Gharios

Le roman (en version papier ou epub):
Après avoir été complices dans leur enfance, c’est à l’adolescence qu’il s’impose dans sa vie, comme une évidence.
La part de mystère qui habite le beau jeune homme l’attire irrésistiblement. Un baiser scelle leur avenir, alors qu’il doit quitter le Liban.
En rêvant au bonheur de vivre auprès de lui, elle ne peut imaginer ce qui l’attend.
Dans ce roman, Michèle M. Gharios explore le silence qui ronge le couple jusqu’au risque de le désintégrer, et donne voix aux femmes.

À l’aube de soi, ou comment sortir de l’emprise de la violence ordinaire, des faux-semblants, des concessions innommables, pour s’appartenir enfin.
Comment oser la liberté, dans un Liban qui espère le jour, après une trop longue nuit.

La première page… du chapitre 2 :
«Vous est-il déjà arrivé de sentir l’urgence de vous décharger d’un poids ?
Parfois, on se sent incapable de traîner plus loin la lourde croix que l’existence nous impose de porter.
On se dit alors « Je n’en peux plus… », comme si on voyait venir la fin, comme s’il ne nous restait qu’une alternative à l’abandon pur et simple : changer de trajectoire, aller de l’avant en s’appuyant sur la confession d’une nuit comme celle-ci.
Moi, ce soir, par exemple, je suis bien ici, je me touche le visage, le nez, la bouche, et je réalise que c’est bien moi, là, devant vous. Je vous parle. Je m’exprime, vous m’écoutez.
Mais voilà un bon moment que je me demande qui je suis. Peut-être qu’en parlant librement et sans artifice, j’arriverai à me rappeler qui je suis.
J’ai passé ma vie à maîtriser mes paroles, mes gestes, à devenir celle que les autres voulaient que je sois, à incarner l’image, le reflet de miroir qu’ils se sont forgé.
En y repensant, je me déteste, je voudrais que le sol se fende et m’engloutisse.»

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ART ORIENT LITTERAIRE FARES SASSINE SUR GHARIOS

Michèle M. Gharios

Michèle M. Gharios appartient à cette génération de la guerre débutée en 1975 et qui n'en finit pas. Sa réponse à cette fragilité du présent, c'est écrire, réifier la torpeur dans les mots ciselés du poème. Hormis son année de première passée en famille à Nice au Lycée Sasserno, elle fait ses études à Beyrouth où elle obtient une maîtrise en Gestion d'entreprise et management. Elle parle français, anglais et arabe (libanais) ; une polyglossie porteuse d'ouverture sur le monde.

6 Avis

  1. gee - at - - répondre

    Quels sont ces fantômes primitifs qui se cachent au sein de nous-même, et qui nous poussent à demeurer impuissants face aux incompréhensibles mouvements d’âmes de ceux qu’on aime ? Et quelle force nous permet, au bout du chemin, la réalisation de notre impuissance face aux fantômes qui vivent au sein de l’autre ? Un soir d’été sur une plage libanaise, face à un étranger, une femme livre son histoire. Loin de toutes les amarres, dans l’intimité que seul l’anonymat peut offrir, elle enterre son secret une dernière fois. Mais, à la manière des roseaux de Midas, son cri de détresse résonne, et son interlocuteur comprend soudain la motivation derrière cette confession: que jamais ne soit oubliée son histoire et qu’elle soit offerte, nue, aux générations futures.
    Dans son dernier roman « À l’aube de soi », Michèle M. Gharios fait part du chemin d’une femme à travers les méandres d’un amour mort dans l’œuf, et son parcours impossible jusqu’à la renaissance. Ce récit psychologique est difficile, asphyxiant, d’une vérité cinglante qu’il peine au lecteur à regarder en face. Et par moments, il y est de ces bouffées d’air de cette innocence espiègle à laquelle on reconnait si bien l’auteur de « L’odeur de Yasmine ». Imperceptiblement, il laisse sa marque sur le lecteur, et son message se révèle, clair comme l’aube du matin après une longue nuit sans sommeil : que jamais l’histoire intemporelle de cette femme, de toutes ces femmes, ne soit oubliée. Et au crépuscule de son histoire, on ne l’oublie pas. Et on en sort changé.

  2. Sylvie - at - - répondre

    « Je pense encore aux personnages de ce roman, D. si silencieux, si mystérieux et emblématique des hommes difficiles et haïssables.
    Elle, si naïve au départ, qui déploie ses ailes lourdes d’albatros et réussit son envol avec triomphe. Une anti-héroïne qui se transforme en femme exemplaire et courageuse.
    Ce roman peut s’adresser à tous pour transmettre à chacun, un message qui pourrait changer les choses dans ce monde… » Hazel Eyes

  3. Sylvie - at - - répondre

    « J’ai quasiment lu d’une traite ”A l’aube de soi”, le dernier roman de la poète et romancière libanaise, Michèle Gharios. Ce petit récit de moins de 200 pages est d’une richesse d’images, de langue, d’une densité dramatique qui tiennent le lecteur en haleine jusqu’au bout.
    L’aube mentionnée dans le titre est ce moment où à la fin du roman la narratrice va enfin devenir pleinement maîtresse de sa vie et prendre en main son destin. Le lecteur rêve déjà d’une suite pour savoir ce qui arrivera à cette femme qui, en une nuit, comme Shéhérazade a gagné le droit de vivre, en racontant des histoires.
    Si ce récit écrit à la première personne captive tant, c’est parce qu’il peut se lire de multiples manières.
    Il entre tout d’abord dans la tradition du roman dit de formation et l’on suit le parcours tourmenté, par moments cauchemardesque d’une adolescente idéaliste, comme il en existe sous toutes les latitudes, devenue, sans vraiment savoir ce qu’elle faisait, l’épouse d’un homme dont finalement elle ne savait pas grand chose et qu’au fond elle n’aimait pas vraiment.
    Après un exil parisien qui devient sous le toit conjugal une véritable descente aux enfers, elle retourne au pays qui connaît une accalmie et décide de rompre ses chaînes.
    Le roman comporte aussi des aspects de manifeste destiné autant aux femmes qu’aux hommes quelles que soient les latitudes où ils vivent.
    Même si Michèle Gharios est libanaise, ce qu’elle raconte de la vie du couple et des femmes, de la guerre qui déchire un pays n’a rien de spécifiquement libanais. La violence qu’elle décrit est universelle, qu’il s’agisse des sévices contre les animaux, de la violence conjugale, de la guerre et des traumatismes qu’elle provoque chez ceux qui l’ont faite ou simplement vécue.
    La narratrice n’a pas de mots assez durs pour condamner la guerre : obus sur des quartiers résidentiels, francs-tireurs qui donnent libre-cours à leurs pulsions criminelles, lignes de démarcation qui font du voisin d’hier le bourreau d’aujourd’hui, analyses oiseuses des médias pour maquiller l’abomination, l’absurdité des événements.
    Elle rappelle aussi aux mâles l’humanité pleine et entière de celles qui partagent leur vie. Comment peuvent-ils imaginer que la soumission aveugle de l’épouse niée, violentée, leur est à jamais acquise ?
    Ce mari, misérable tyran, est-il victime des traumatismes de tout ce qu’il a peut-être vu ou fait pendant la guerre ? Il utilise le silence, la froide indifférence pour tuer cette épouse à petit feu.
    Que de fois le lecteur a le coeur et les dents serrés en lisant ce que vit quotidiennement cette femme sublime d’intelligence et de générosité !
    Ici aussi le lecteur rêve que Michèle Gharios écrive le récit de cet homme mystérieux, complexe et certainement fascinant, mais dont il est impossible de percer les mystères.
    Tous ceux qui sont prisonniers à leur insu ou en en étant conscients d’une relation de dépendance affective se reconnaîtront dans toutes les excuses que la victime trouve à son bourreau, dans toutes les vaines espérances de lendemains meilleurs qu’ils nourrissent, dans la vanité de leurs efforts pour aller au devant des désirs de l’être aimé.
    La narratrice a toutefois une indépendance d’esprit, une intelligence qui lui permet d’analyser, de rester tout le temps lucide et le lecteur a du mal à s’imaginer qu’elle se résignera à son sort. Mais il faut qu’elle aille jusqu’au bout de la nuit, boive le calice jusqu’à la lie pour se remettre debout.
    Mais Michèle Gharios n’est pas une essayiste, ni une polémiste, ni une militante. Elle est d’abord et avant tout une poète qui raconte des histoires qui prennent aux tripes avec une langue belle, riche, musicale.
    Pour finir, je donnerai juste un exemple de cette écriture poétique en découpant les phrases pour mettre en évidence le rythme:
    Une femme sans nom
    sans visage
    un ruisseau desséché
    par un soleil méchant
    une fleur éternelle
    qu’un crabe hargneux avait
    déchiquetée de ses pinces (…) »
    Daniel Koati

  4. Dominique - at - - répondre

    Description très perspicace et très fine de la relation mortifère engendrée par l’attitude d’un pervers narcissique et d’une femme soumise.

  5. Patrick - at - - répondre

    Du Paradis à l’Enfer…

    Beyrouth, un soir, de nos jours. Un « humanitaire » français qui vient de donner une conférence suivie d’un dîner vient prendre l’air sur la plage. Surgit soudain de la pénombre une jeune femme qui se promène seule, semblant perdue dans ses pensées. Elle s’appelle E. et elle va lui raconter son histoire… Son enfance où elle passait tous ses étés dans la montagne, son amour naissant pour D. un garçon pas comme les autres, leur premier baiser à « Janna » (le Paradis en arabe), puis la guerre qui vient. Beyrouth sous les bombes, D. engagé dans une milice puis qui part pour Paris poursuivre ses études et E. qui l’attend, sans nouvelles pendant des années, jusqu’à ce qu’il resurgisse, l’épouse et l’emmène en France avec lui. Et la longue descente en enfer qui commence pour E. auprès de cet homme tyrannique et sombre.
    Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir par vous même la suite de ce roman que l’on pourrait qualifier de psychologique. Des personnages à la Simenon, tout en obscurité. Une écriture fluide, un style plaisant, ces 200 pages se lisent avec plaisir malgré le sentiment oppressant qui s’en dégage au fur et à mesure du récit. On a vraiment envie de savoir jusqu’où E. va supporter cette vie de couple étouffante et comment elle va s’en sortir (ou pas ?). En filigrane, la guerre qui, même une fois terminée, reste toujours présente dans l’esprit et le cœur des Libanais comme un spectre toujours prêt à resurgir au détour d’un souvenir.
    Bravo à la maison d’édition La Cheminante d’avoir déniché ce joli texte de Michèle M. Gharios qui publie pour la première fois en France et dont on avait déjà pu apprécier la poésie grâce à l’éditeur belge Maelström.
    Patrick

  6. carthé Anne-Marie - at - - répondre

    Un roman saisissant écrit avec une grande pudeur. Une femme raconte…sa vie d’adolescente pleine de rêves dans un monde en guerre, au Liban. Puis sa vie de femme… L’auteur nous laisse percevoir, au fil des pages la violence latente qui envahit sa vie, avec une montée en puissance. Et tous ces « pourquoi » qui s’imposent à nous.
    Michèle Gharios nous mène avec subtilité devant ce qui fait peur, ce que nous redoutions et qui arrive…on veut lire jusqu’au bout, parce qu’on s’attache au personnage, à cette femme, on l’écoute comme si nous étions côte à côte.
    Ce roman est comme une respiration, qui par moment se coupe net, étouffe et enfin retrouve l’air frais d’une renaissance. On ne lâche pas le livre et il ne vous lâche pas.
    Après la lecture on y pense, encore et encore.
    Anne-Marie

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